À Makokou, le président gabonais a durci le ton sur la réforme de l’administration. Audit des effectifs, abandon de poste, avancement et reclassement : le chef de l’État veut réinstaller la performance au cœur de la Fonction publique.
C’est l’un des passages les plus fermes du discours prononcé à Makokou. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la transformation du Gabon passe nécessairement par une remise à plat de son administration.
Le diagnostic présidentiel est sévère. Dans le cadre d’un audit récemment engagé, près de 62 % des dossiers examinés seraient en situation irrégulière et nécessiteraient une décision administrative. Le chef de l’État évoque également de nombreux cas d’abandon de poste.
Au-delà du chiffre, c’est donc le fonctionnement même de la machine administrative que le président entend réformer.
La réforme du cadre statutaire des agents publics est déjà engagée, a-t-il annoncé. Le futur dispositif devra, selon lui, adapter la Fonction publique aux exigences de la Cinquième République et instaurer des règles plus objectives en matière d’avancement et de reclassement.
Le message est clair : l’ancien système, fondé sur les réseaux, les soutiens ou l’ancienneté seule, ne doit plus être la référence.
« Le mérite doit être notre boussole, et l’équité notre règle », a martelé Oligui Nguema.
Cette orientation s’inscrit dans une conception plus large de la réforme de l’État. Dans son discours, le président lie directement efficacité administrative et qualité du service public. L’agent public ne doit plus être considéré uniquement à travers son statut, mais également à travers son engagement et la qualité du service rendu au citoyen.
La rupture annoncée concerne donc autant les règles que les comportements.
Le chef de l’État a également posé une exigence de responsabilité applicable à tous : membres du gouvernement, magistrats, avocats, hauts responsables civils et militaires, médecins, sages-femmes, agents publics ou opérateurs économiques.
« Le corporatisme ne doit pas prendre le pas sur la responsabilité », a-t-il prévenu.
Une phrase qui donne à la réforme de la Fonction publique une portée plus politique. Pour Oligui Nguema, la reconstruction de l’État ne pourra aboutir si les intérêts catégoriels continuent de primer sur l’intérêt général.
Reste désormais le passage le plus délicat : transformer les principes présidentiels en mécanismes administratifs réellement applicables. C’est sur ce terrain que la promesse du mérite devra être jugée.
À Makokou, le chef de l’État a en tout cas fixé le cap : moins de privilèges, davantage de responsabilité ; moins de rente administrative, davantage de performance.
























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