Du gouvernement aux professions réglementées, le président gabonais veut faire de l’égalité devant la loi l’un des piliers de la Cinquième République. Un avertissement qui dépasse largement le seul monde administratif.
C’est probablement l’un des messages politiques les plus forts du discours de Makokou. En évoquant la responsabilité individuelle, Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi de s’adresser à l’ensemble du corps social.
La règle annoncée est simple : dans le Gabon de la Cinquième République, personne ne devrait pouvoir se placer au-dessus de la loi.
« Qu’il s’agisse d’un membre du Gouvernement, d’un magistrat, d’un avocat, d’un haut responsable civil ou militaire, d’un médecin, d’une sage-femme, d’un agent de l’État ou d’un opérateur économique, chacun doit désormais répondre de ses actes. »
La portée de cette déclaration dépasse la simple formule institutionnelle. Elle vise directement les mécanismes de protection corporatiste susceptibles, selon le président, de fragiliser l’autorité de la règle commune.
D’où cette phrase, particulièrement sèche : « Le corporatisme ne doit pas prendre le pas sur la responsabilité. »
Pour Oligui Nguema, la reconstruction nationale engagée depuis le 30 août 2023 ne peut donc être uniquement institutionnelle. Elle doit également produire une nouvelle culture de responsabilité.
Cette culture concerne l’État, mais aussi les partenaires sociaux. Le président reconnaît la nécessité du dialogue et affirme que l’État doit « écouter et négocier de bonne foi ». Mais il fixe dans le même temps une limite : le dialogue ne doit pas devenir un instrument de paralysie des services essentiels.
Le chef de l’État tente ainsi de tracer une ligne d’équilibre entre autorité et dialogue social : respect des libertés, continuité de l’État et poursuite des réformes.
Cette doctrine constitue l’un des fils rouges de son discours. La République doit protéger les droits, mais elle doit également exiger des devoirs.
C’est cette logique qui relie les différents volets de son intervention : réforme de la Fonction publique, discipline administrative, gestion des établissements de santé, responsabilité des entrepreneurs et efficacité de l’action publique.
Trois ans après la Libération, Oligui Nguema veut donc faire émerger une nouvelle norme : la citoyenneté ne se résume plus à bénéficier de l’action de l’État ; elle implique également de répondre de ses choix et de ses actes.
À Makokou, le président a ainsi posé l’une des lignes de force de son projet pour la Cinquième République : une République plus exigeante, où l’autorité publique et la responsabilité individuelle doivent avancer ensemble.
























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