
Dans le canton des Lacs du Sud, au cœur du Moyen-Ogooué, un ouvrage de 27 mètres s’apprête à changer durablement les conditions de déplacement des populations d’Allonha et des villages environnants. Sur la rivière Mboulet, le pont désormais achevé doit permettre de rétablir une continuité terrestre longtemps attendue.
À Allonha, le désenclavement n’est plus une promesse lointaine. Il se matérialise désormais dans le béton et l’acier d’un pont qui enjambe la rivière Mboulet.
Située autour du lac Ézanga, dans le canton des Lacs du Sud, la localité a longtemps vécu au rythme des contraintes imposées par son environnement lacustre. Pour rejoindre les villages voisins, transporter des produits ou simplement accéder aux services essentiels, les populations devaient composer avec la pirogue, les crues et les conditions météorologiques.
Cette époque pourrait bientôt appartenir au passé.
27 mètres qui changent une géographie
Réalisé par l’entreprise BÂTITECHGA SARL, le pont sur la Mboulet mesure 27 mètres. Il constitue un maillon essentiel des pistes rurales reliant l’axe principal aux villages du district d’Allonha et à la zone d’Onal.
Son ouverture permettra notamment de faciliter les liaisons vers Ézanga, mais également vers Alomba et Bimbiolé.
Derrière cette infrastructure relativement modeste par sa taille se joue donc une transformation beaucoup plus importante : celle de la mobilité d’un bassin de vie jusque-là largement dépendant des traversées fluviales.
Pour les agriculteurs, l’enjeu est concret. Une liaison terrestre plus sûre signifie la possibilité d’acheminer plus facilement les récoltes et les produits vivriers vers les lieux de commercialisation. Pour les pêcheurs, elle doit raccourcir les délais de transport et faciliter l’écoulement des prises.
Pour les familles, le bénéfice est encore plus immédiat : rejoindre un centre de santé, envoyer un enfant à l’école ou se déplacer vers Ndjolé et Lambaréné ne dépendra plus autant des conditions de navigation.
Une infrastructure, plusieurs communautés
Le pont de Mboulet revêt également une dimension humaine particulière.
Ézanga constitue un espace de rencontre entre plusieurs communautés installées de longue date dans cette partie du Moyen-Ogooué. Galwa et Adyumba, mais aussi Fang, Akélé, Punu, Eshira et d’autres communautés, partagent ici un même territoire et, désormais, une infrastructure destinée à rapprocher davantage les villages.
Le pont ne relie donc pas seulement deux rives. Il relie des activités, des familles et des communautés.
En facilitant les déplacements, il peut contribuer à intensifier les échanges commerciaux et sociaux entre les différentes localités du bassin de Lambaréné.
Le désenclavement comme levier économique
L’intérêt de l’ouvrage dépasse ainsi la seule question du transport.
Dans ces territoires ruraux, l’absence de routes praticables constitue souvent un frein à la valorisation des activités locales. Produire ne suffit pas lorsque l’accès au marché reste difficile. Cultiver, pêcher ou entreprendre prend une autre dimension lorsque les marchandises peuvent circuler dans des conditions plus régulières.
Le pont de Mboulet s’inscrit précisément dans cette logique : rétablir la continuité terrestre pour permettre à l’économie locale de mieux circuler.
Cette réalisation intervient dans le cadre d’une dynamique plus large d’aménagement engagée avec l’implication d’opérateurs économiques présents dans la zone, notamment sur le site d’Onal. Elle s’appuie notamment sur le protocole d’accord signé le 15 décembre 2023 pour la mise en œuvre de projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations, notamment des peuples autochtones.
L’ouvrage est prêt, l’inauguration attendue
Initialement annoncée pour le 19 août 2026, la cérémonie officielle de livraison n’a finalement pas eu lieu à cette date. Les autorités contractantes comme l’entreprise adjudicataire n’ont, à ce stade, pas communiqué publiquement sur les raisons de ce report.
Reste l’essentiel : le pont est achevé.
Son inauguration et sa mise en service doivent désormais permettre de transformer une infrastructure réalisée en bénéfice concret pour les populations.
À Allonha, l’enjeu est donc moins celui d’un simple ouvrage d’art que celui d’un changement de quotidien. Après des années d’isolement relatif, la Mboulet ne sera bientôt plus seulement une rivière à traverser : elle deviendra un passage franchi par la route.
Et parfois, 27 mètres de béton suffisent pour changer toute une géographie.






























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