Longtemps annoncé puis régulièrement différé, le projet de construction du port en eau profonde de Mayumba semble connaître une nouvelle impulsion. L’État gabonais vient d’engager une procédure de sélection destinée à identifier les entreprises qui seront appelées à réaliser les études techniques nécessaires à la concrétisation de l’infrastructure.
Derrière cette nouvelle avancée administrative se joue toutefois une question déterminante : comment assurer la viabilité économique d’un investissement portuaire de cette envergure ?
Une expertise technique pour définir les contours du projet
L’appel à manifestation d’intérêt lancé par les autorités vise des entreprises disposant d’une expérience confirmée dans le domaine des études portuaires. Les candidats devront notamment justifier d’au moins dix années d’expérience dans ce secteur et présenter un chiffre d’affaires annuel moyen d’au moins 1,5 milliard de FCFA au cours des six dernières années.
Les dossiers de candidature doivent être déposés au plus tard le 3 novembre 2026.
Cette phase préparatoire doit permettre de disposer d’éléments plus précis sur les caractéristiques de l’ouvrage : dimensionnement, capacités opérationnelles, coûts de réalisation, volumes de marchandises susceptibles d’être traités et différentes options envisageables pour son financement.
L’objectif est ainsi de donner au projet une base technique et financière suffisamment solide pour permettre aux futurs partenaires et investisseurs d’en apprécier la faisabilité.
Le défi du trafic et de la rentabilité
Au-delà de la construction des quais et des infrastructures connexes, la réussite du port dépendra surtout de sa capacité à générer un trafic régulier et suffisamment important.
Implanté dans le sud du pays, Mayumba pourrait constituer une nouvelle porte de sortie pour plusieurs filières économiques, notamment l’exploitation minière, le secteur forestier et les activités halieutiques. Une infrastructure portuaire adaptée pourrait contribuer à fluidifier l’évacuation des productions et à réduire certains coûts liés au transport des marchandises.
Le projet pourrait aussi favoriser l’émergence d’un écosystème économique autour du port, avec des opportunités dans la logistique, la manutention, le transport, l’entreposage et les services portuaires.
Des discussions internationales déjà engagées
La relance du dossier intervient alors que les autorités gabonaises cherchent à attirer des partenaires disposant d’une expertise et de capacités financières à la hauteur de grands projets d’infrastructures.
En juin 2026, lors d’une mission officielle à Abu Dhabi, le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait notamment engagé des échanges avec Khalifa Economic Zones Abu Dhabi (KEZAD Group), acteur majeur du développement industriel et logistique aux Émirats arabes unis.
La prochaine étape sera donc déterminante : transformer les études en données concrètes permettant de répondre à une question essentielle pour l’avenir du projet : quel modèle économique permettra au port de Mayumba de s’inscrire durablement dans le paysage logistique et commercial du Gabon.






























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