Le 19 octobre 2026, à Accra, le président ghanéen John Dramani Mahama a fixé un cap ambitieux pour son industrie minière : mettre fin, d’ici à 2030, à l’exportation des minerais bruts. Une orientation qui fait écho aux ambitions de transformation locale défendues au Gabon sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. De quoi relancer le débat sur un modèle de développement africain davantage tourné vers la création de valeur sur le continent.
De l’exportation des minerais à la création de valeur
« D’ici 2030, aucun minerai brut ne devra plus quitter nos côtes », a déclaré John Dramani Mahama lors de l’ouverture du sommet Mining in Motion 2026, consacré à l’avenir du secteur minier africain.
À travers cette ambition, le chef de l’État ghanéen entend faire de la transformation locale un levier de développement industriel. Aluminium, manganèse, fer, lithium et autres ressources minérales sont appelés à contribuer davantage à la production nationale, à la création d’emplois et à l’essor d’activités industrielles à plus forte valeur ajoutée.
Cette orientation traduit une volonté de dépasser un modèle dans lequel les pays africains exportent leurs ressources naturelles avant d’importer des produits transformés, souvent à des prix plus élevés. L’enjeu est de conserver une part plus importante de la richesse générée par l’exploitation des matières premières, tout en développant les compétences, les infrastructures et les chaînes de production locales.
La « méthode Oligui », une ambition qui fait écho au Ghana
Au Gabon, la question de la transformation locale des ressources naturelles s’inscrit également dans les réflexions sur la diversification de l’économie et la réduction de la dépendance aux exportations de matières premières. Sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, la valorisation des ressources nationales et le développement de capacités industrielles constituent des enjeux importants pour renforcer la souveraineté économique du pays.
Le rapprochement entre les orientations affichées à Accra et les ambitions gabonaises permet ainsi de souligner une préoccupation commune : l’Afrique ne peut durablement tirer pleinement profit de ses richesses si elle se limite à les extraire et à les exporter sans développer suffisamment leur transformation.
Parler d’une « méthode Oligui » qui s’exporte au Ghana relève toutefois, à ce stade, d’une lecture politique et éditoriale : aucun élément fourni ne permet d’établir que John Dramani Mahama se serait directement inspiré du modèle gabonais. La convergence porte avant tout sur l’objectif de mieux valoriser les ressources nationales.
Un défi industriel pour l’Afrique
La volonté affichée par le Ghana soulève une question essentielle pour les économies africaines : comment transformer les richesses du sous-sol en emplois, en savoir-faire et en prospérité durable ?
La réponse suppose des investissements importants dans l’énergie, les infrastructures, les technologies et la formation professionnelle. Elle nécessite également un environnement favorable aux entreprises, une politique industrielle cohérente et des partenariats capables d’accompagner la montée en puissance des unités de transformation.
Pour le Ghana comme pour le Gabon, l’ambition est donc considérable. Elle ne se mesurera pas uniquement aux annonces politiques, mais à la capacité de bâtir des industries compétitives et de faire bénéficier les populations des richesses produites sur leur territoire.
Le véritable enjeu n’est plus seulement de posséder des ressources minières, mais de maîtriser davantage leur transformation. Une ambition qui gagne du terrain en Afrique et qui place la souveraineté industrielle au cœur des stratégies de développement du continent.





























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