
La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu ce lundi son arrêt tant attendu dans l’affaire territoriale opposant le Gabon à la Guinée équatoriale. Un contentieux ancien, à la fois terrestre, maritime et insulaire, dans lequel la juridiction onusienne a opéré un arbitrage équilibré : si l’île Mbanié revient à la Guinée équatoriale, le Gabon se voit reconnaître la souveraineté sur plusieurs localités frontalières. Explications.
Dans son jugement, la CIJ s’est fondée sur la Convention franco-espagnole de 1900 pour trancher la question de la délimitation terrestre. Cette convention, seule base juridique reconnue par la Cour, écarte de fait l’ancien tracé frontalier fondé sur la rivière Kyé. La conséquence est notable : une rectification du tracé qui entraîne le rattachement de plusieurs zones frontalières, en l’occurrence les agglomérations équatoguinéennes autour des villes d’Ebebiyin et de Mongomo, au territoire gabonais.
Sur le plan maritime, la Cour a constaté l’absence d’un accord clair entre les deux États. Elle appelle en ce sens à des pourparlers bilatéraux pour parvenir à une délimitation concertée de leurs espaces maritimes respectifs, ouvrant la voie à une nouvelle phase de négociation diplomatique.
Concernant les îles Mbanié, Conga et Cocotiers, la juridiction internationale a estimé que leur occupation historique par l’Espagne justifiait leur transfert à la Guinée équatoriale, conformément aux règles du droit de la succession d’État. Le Gabon perd ainsi la souveraineté sur ces territoires insulaires.
Dans un communiqué officiel, le ministère gabonais des Affaires étrangères affirme avoir pris acte de cette décision et réitère l’engagement du pays à respecter le droit international. Libreville se dit disposé à poursuivre le dialogue avec Malabo, dans un esprit de coopération et de paix, pour clore définitivement ce différend frontalier.
Cet arrêt marque une étape importante dans les relations entre les deux États d’Afrique centrale, en posant les bases d’une cohabitation territoriale clarifiée et potentiellement stabilisatrice pour la sous-région.































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