À New York, sous les projecteurs de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema s’avance avec la posture de celui qui sait que chaque mot compte, chaque geste pèse. À peine deux ans après une transition qualifiée de « globalement satisfaisante » par nombre d’observateurs, et quelques jours avant le renouvellement de la Chambre basse du Parlement et des municipalités, le Chef de l’État entend inscrire le Gabon dans une trajectoire claire : celle d’un pays stabilisé, ambitieux et décidé à peser dans le concert des nations.
L’image de son arrivée, main dans la main avec la Première Dame Zita Oligui Nguema, accueillie par les diplomates gabonais Ghislain Ondias Okouma et Noël Nelson-Messone, illustre cette volonté de donner une profondeur institutionnelle et symbolique à son action. Plus qu’une participation protocolaire, ce déplacement s’inscrit dans une stratégie diplomatique assumée, où le Gabon veut apparaître comme une voix responsable, porteuse d’un message africain d’unité et de solutions.
Le thème choisi par l’ONU – « Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains » – entre en résonance directe avec la vision d’Oligui Nguema. Pour lui, la paix et le développement ne sont pas des promesses abstraites mais des impératifs concrets, auxquels son pays tente de répondre par des réformes structurelles et une gouvernance plus attentive aux besoins des populations. C’est ce double ancrage – national et continental – qu’il compte défendre à la tribune de l’ONU : faire entendre la voix du Gabon tout en rappelant que l’Afrique doit cesser d’être un terrain d’expérimentation pour devenir un acteur central du multilatéralisme.
À Libreville, certains observateurs voient déjà dans cette participation un test grandeur nature. Car si le Président de la Vᵉ République a gagné en légitimité à l’intérieur, après une transition politique sans rupture majeure et avec l’annonce de réformes profondes, il doit désormais transformer cette confiance nationale en crédibilité internationale. Son discours attendu devant l’Assemblée générale devrait mettre en avant plusieurs priorités : la sécurité collective dans un monde fragmenté, la lutte contre les changements climatiques qui frappent durement l’Afrique, et la défense d’un développement durable réellement inclusif.
Dans cette démarche, Oligui Nguema entend s’appuyer sur un principe cardinal : le multilatéralisme. Pour lui, aucun État, aussi puissant soit-il, ne peut affronter seul les crises globales. Le Gabon, riche de son expérience comme membre non permanent du Conseil de sécurité, s’érige en défenseur de cette approche concertée. Mais le président n’ignore pas les limites de ce système, souvent critiqué pour son inertie et son déséquilibre structurel. D’où son insistance à rappeler que l’Afrique, qui représente un quart de l’humanité, doit occuper une place pleine et entière dans les instances de décision.
Il y a, dans cette posture, une volonté claire de rompre avec le fatalisme et de replacer le Gabon dans la dynamique d’un continent en quête de souveraineté et de reconnaissance. Le Chef de l’État gabonais sait que les défis sont immenses, gouvernance, croissance inclusive, adaptation climatique, mais il avance avec une conviction forgée dans la discipline militaire et renforcée par la légitimité d’un peuple qui attend désormais des résultats concrets.
À New York, Brice Clotaire Oligui Nguema ne cherchera pas seulement à séduire les chancelleries, mais à installer durablement l’image d’un leader qui veut conjuguer patriotisme et ouverture, nationalisme économique et coopération internationale, africanité assumée et responsabilité universelle.
Son pari est clair : transformer l’épreuve de la transition en un tremplin vers une ère nouvelle où le Gabon, loin d’être en marge, deviendra une voix qui compte. Dans une Assemblée générale marquée par l’urgence des crises, son intervention sera scrutée comme un signal : celui d’un pays qui se relève, d’un continent qui s’affirme, et d’un président qui veut faire de l’unité et du multilatéralisme non pas un slogan, mais une réalité politique.































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