Un pas supplémentaire vient d’être franchi dans la diversification des alliances internationales du Gabon. À New York, en marge de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a scellé l’établissement officiel des relations diplomatiques avec son homologue kirghiz, Sadyr Zhaparov. Une rencontre inédite qui ouvre la voie à un partenariat bilatéral centré sur le développement durable, la protection de l’environnement et la coopération économique.
Si tout semble opposer Libreville et Bichkek, l’un étant un pays d’Afrique équatoriale recouvert de forêts tropicales, l’autre une république d’Asie centrale dominée par les sommets enneigés du Tian Shan, les deux nations partagent une conviction commune : la nécessité d’agir de concert pour la préservation de la biodiversité mondiale. Dans une époque marquée par le changement climatique et la raréfaction des ressources, l’alliance de ces deux écosystèmes pourrait donner naissance à une coopération atypique, où les savoir-faire locaux seraient mis en commun pour développer des solutions innovantes en matière de protection environnementale.
Mais l’entretien entre Oligui Nguema et Zhaparov ne s’est pas limité aux seuls enjeux écologiques. Le volet économique a occupé une place centrale. Riche en ressources minières, gazières et pétrolières, le Kirghizistan voit dans le Gabon une porte d’entrée stratégique vers l’Afrique, continent de plus en plus courtisé. En retour, Libreville espère tirer parti de l’expertise kirghize et attirer des investissements susceptibles de renforcer la valorisation de ses propres ressources naturelles.
Cette convergence d’intérêts traduit une volonté assumée par Oligui Nguema : sortir d’une dépendance excessive vis-à-vis des partenaires traditionnels du Gabon et inscrire le pays dans une diplomatie plus ouverte, multipolaire et pragmatique. En s’alliant à une nation encore peu présente sur la scène africaine, le président gabonais envoie un signal fort : celui d’un Gabon en quête de nouveaux horizons, soucieux d’affirmer son rôle dans les recompositions géopolitiques mondiales.
La naissance de cette relation diplomatique, loin d’être anecdotique, illustre donc un repositionnement stratégique. Entre ambitions environnementales et coopération énergétique, l’axe Libreville–Bichkek pourrait devenir l’un des symboles de la diplomatie du XXIᵉ siècle : transcontinentale, souple et centrée sur la complémentarité des ressources.































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