Dans son discours, Brice Clotaire Oligui Nguema a aussi choisi de parler au nom de la planète. Gardien d’une partie du bassin du Congo, « deuxième poumon vert du monde », le Gabon se pose comme un acteur central dans la lutte contre le réchauffement climatique.
« Ce patrimoine exceptionnel ne sera pas sacrifié aux appétits financiers », a-t-il déclaré, en référence aux pressions croissantes pour exploiter massivement les forêts tropicales. Pour Libreville, la protection de ces écosystèmes ne peut être dissociée d’une « juste rémunération » pour les services rendus à l’humanité.
Le Gabon, pionnier des crédits carbone en Afrique, entend capitaliser sur cette position. La ratification récente du Traité BBNJ, qui encadre la biodiversité au-delà des juridictions nationales, vient renforcer son image de champion de la gouvernance environnementale. Mais derrière le discours, l’objectif est clair : obtenir des financements conséquents pour compenser les efforts de conservation.
Cette revendication s’inscrit dans une tendance plus large, où les pays du Sud réclament justice climatique face aux responsabilités historiques du Nord. Le Gabon, en se posant comme interlocuteur crédible, espère peser dans les négociations internationales et attirer des financements verts.
La posture est habile : en défendant ses forêts, Libreville défend ses intérêts économiques tout en se présentant comme un allié incontournable dans la lutte contre le changement climatique. Une stratégie qui pourrait lui rapporter, à condition que la communauté internationale accepte enfin de payer le prix réel de la préservation de la planète.































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