L’annonce faite le 14 janvier 2026 par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, est incontestablement un tournant stratégique dans la politique agricole du Gabon.
En engageant un mécanisme de financement massif en faveur de l’aviculture nationale, l’Exécutif pose les fondations d’une transformation économique profonde, à la croisée des enjeux de souveraineté alimentaire, de compétitivité productive et de rééquilibrage de la balance commerciale.
Un instrument financier calibré pour l’investissement productif
Le dispositif annoncé prévoit, pour chaque exploitant avicole sélectionné, un appui compris entre 250 et 400 millions de FCFA, accordé par la Banque pour le Commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG). À ces montants s’ajoutent des conditions financières exceptionnellement incitatives : un taux d’intérêt préférentiel de 4 % et une échéance de remboursement fixée à douze mois.
Dans un secteur historiquement confronté à la rareté du crédit, au coût élevé du financement et à l’inadéquation des maturités bancaires, ce mécanisme constitue une rupture. Il répond précisément à la nature capitalistique de l’aviculture moderne, qui nécessite des investissements lourds et rapides dans les bâtiments, les équipements, l’alimentation animale, la logistique et la biosécurité.
Une réponse économique à la facture des importations
Sur le plan macroéconomique, le bien-fondé de ce financement s’explique par l’urgence de réduire la dépendance structurelle du pays aux importations de produits avicoles. Celles-ci pèsent significativement sur la balance commerciale, mobilisent des devises et exposent le marché intérieur aux fluctuations des prix internationaux.
En soutenant une production locale compétitive, Brice Clotaire Oligui Nguema engage une stratégie de substitution aux importations fondée non sur la protection administrative, mais sur l’augmentation de l’offre nationale, l’amélioration des rendements et la maîtrise des coûts de production. À terme, chaque tonne de volaille produite localement représente autant de devises économisées et réinjectées dans l’économie nationale.
Au-delà de l’aide financière, l’initiative s’inscrit dans une vision cohérente de modernisation du secteur agricole. Les financements permettront de professionnaliser les exploitations, d’introduire des standards techniques élevés, d’améliorer la productivité et de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’approvisionnement en intrants jusqu’à la distribution.
La visite présidentielle sur les sites de Malibé 2, des PK et de la SMAG illustre parfaitement cette volonté de s’appuyer sur des acteurs déjà engagés dans une logique d’investissement et de performance. Il s’agit de faire émerger des unités de production capables d’atteindre une masse critique, condition indispensable pour satisfaire la demande intérieure de manière régulière et compétitive.
L’impact attendu du programme dépasse largement le cadre agricole. En orientant les financements vers des projets structurants, l’Exécutif favorise la création d’emplois en milieu rural, notamment pour les jeunes. Chaque exploitation modernisée génère des emplois directs et indirects, stimule les activités connexes (transport, transformation, distribution) et renforce l’ancrage économique des territoires.
Cette approche rompt avec les politiques d’assistance à court terme pour privilégier une croissance fondée sur l’investissement, le travail et la montée en compétences locales.
En consacrant l’aviculture comme un pilier de la souveraineté alimentaire, les autorités gabonaises envoient un message clair : la sécurité alimentaire est désormais traitée comme un enjeu économique stratégique. Le financement massif annoncé traduit une volonté politique assumée de bâtir une agriculture productive, résiliente et capable de nourrir le pays par ses propres moyens.
À moyen et long terme, ce choix pourrait repositionner le secteur agricole comme un moteur de diversification économique, réduire la vulnérabilité extérieure du Gabon et contribuer à une croissance plus inclusive et permanente.































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