Après plusieurs semaines de crispations et de perturbations scolaires, une fenêtre de décrispation s’ouvre dans le secteur éducatif gabonais. Le Conseil national des parents d’élèves du Gabon (CNPE) a officiellement pris acte, ce samedi, des conclusions issues des négociations entre le gouvernement, le mouvement SOS Éducation et les organisations syndicales. Une séquence que les parents qualifient de « favorable », tant par la méthode adoptée que par les engagements annoncés.
L’annonce, lue par le vice-président du CNPE, Jean-Claude Essone, consacre un tournant : celui d’un retour assumé au dialogue structuré, sous l’égide des plus hautes autorités de l’État. Au cœur du dispositif mis en place figure une commission tripartite, complétée par un comité de suivi, coordonnés par le vice-président du gouvernement et intégrant les représentants des parents d’élèves. Un signal politique fort, qui rompt avec les pratiques de gestion à distance des crises sociales dans l’éducation.
Sur le fond, le CNPE dit avoir pris note des engagements gouvernementaux : régularisation progressive des situations administratives et financières des enseignants, revalorisation de certaines primes, paiement des rappels de solde. Des mesures attendues de longue date, dans un secteur fragilisé par des années d’accumulation de frustrations et de promesses inabouties.
Mais c’est surtout l’implication directe du président de la République qui marque les esprits. Selon le CNPE, Brice Clotaire Oligui Nguema a donné des garanties claires sur la prise en compte intégrale du cahier de charges des enseignants, dans un processus graduel et réaliste. Une approche qui tranche avec la logique du déni ou de la confrontation frontale, et qui s’inscrit dans la méthode désormais revendiquée par l’exécutif : écouter, arbitrer, puis agir.
Dans sa déclaration, le Conseil des parents rappelle néanmoins une réalité que personne ne conteste : les élèves demeurent les premières victimes des grèves à répétition. Années scolaires hachées, retards pédagogiques, stress des examens. C’est au nom de cette urgence éducative que le CNPE appelle à une résolution pacifique et concertée des différends, dans le strict respect des libertés syndicales et de l’État de droit.
Se plaçant dans une posture d’équilibre, l’organisation des parents soutient l’appel du ministère de l’Éducation nationale à la reprise des cours et invite l’ensemble des parents à accompagner leurs enfants à l’école dès le lundi 26 janvier. Objectif affiché : garantir un retour effectif en classe dans un climat de sérénité et de responsabilité collective.
Mais l’apaisement ne saurait être complet sans gestes forts. Le CNPE réclame ainsi la libération des syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong-Edzo, actuellement détenus. Une demande qui souligne la ligne de crête sur laquelle avance le pouvoir : restaurer l’autorité de l’État sans donner le sentiment d’une criminalisation de l’action syndicale.
Au-delà de la conjoncture, cette séquence éducative révèle une inflexion dans la gouvernance sociale du pays. En privilégiant le dialogue inclusif et le suivi institutionnalisé des engagements, le régime d’Oligui Nguema cherche à installer une culture de règlement des crises par la concertation plutôt que par l’épreuve de force. Reste désormais l’épreuve décisive : celle de la mise en œuvre, sur laquelle parents, enseignants et opinion publique jugeront, sans indulgence, la crédibilité de l’État.































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