Alors que le dialogue social a abouti à un protocole d’accord consolidé intégrant l’ensemble des revendications des enseignants, un point précis continue de paralyser le processus : le refus catégorique des syndicats de se soumettre à un audit de transparence. Une attitude qui interroge et alimente le malaise autour de la gestion des fonds publics.
Un protocole d’accord déjà bouclé et signé
Contrairement à l’idée d’un bras de fer permanent entre l’État et les enseignants, les faits sont clairs : le Protocole d’Accord Consolidé est finalisé. Il a été signé par l’ensemble des parties prenantes, y compris les syndicats réputés les plus radicaux.
Toutes les revendications majeures ont été intégrées, validées et actées. Sur le fond, il n’existe donc plus de désaccord structurel entre le Gouvernement et les représentants du corps enseignant. Le dialogue a abouti, les engagements sont écrits, les montants sont chiffrés, mais pourtant, la crise persiste.
L’Article 6 : le nœud du problème
Le blocage actuel ne porte ni sur les salaires, ni sur les régularisations, ni sur les volumes financiers engagés. Il se cristallise exclusivement autour de l’Article 6 du protocole.
Cet article conditionne le paiement des mesures à deux exigences élémentaires : L’audit du fichier matricule, afin de garantir l’exactitude des bénéficiaires ; l’arrêt du paiement des vacations en cas de doublon ou d’irrégularité avérée. Autrement dit, il s’agit d’un mécanisme de contrôle, de traçabilité et de bonne gouvernance, conforme aux règles les plus basiques de gestion des finances publiques.
Face à ce dispositif, une interrogation s’impose naturellement dans l’opinion publique : pourquoi refuser un audit lorsqu’on réclame le décaissement de 16 milliards de FCFA d’argent public ?
Si les listes sont exactes, si les bénéficiaires sont légitimes, si les situations administratives sont régulières, qu’y a-t-il à craindre d’une vérification ? Cette question, simple en apparence, est devenue le cœur du malaise.
Sur le plan politique et administratif, ce refus catégorique ne peut être analysé comme anodin. Il laisse supposer l’existence de doublons, de listes irrégulières ou de bénéficiaires indûment maintenus dans le système.
Plus préoccupant encore, certains leaders syndicaux exigent le décaissement immédiat des 16 milliards de FCFA, tout en refusant tout mécanisme de contrôle de l’État. Une posture difficilement compatible avec les principes de responsabilité, de transparence et de bonne gouvernance auxquels tout gestionnaire de fonds publics est tenu.
Loin de renforcer leur crédibilité, cette attitude fragilise le discours syndical et jette le trouble sur les véritables motivations du blocage.
À ce stade, la crise n’est plus seulement sociale. Elle devient politique et morale. Elle oppose deux logiques : celle de l’État, qui engage des ressources exceptionnelles et exige un minimum de contrôle, et celle de certains syndicats, qui réclament les fonds sans accepter la moindre vérification.
Dès lors, une question s’impose dans le débat public : « On ne peut pas exiger 16 milliards d’argent public et refuser qu’on vérifie les bénéficiaires. La question est simple : qui protège-t-on ? » Notre rédaction laisse le soin à ses lecteurs de répondre à cette interrogation.































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