Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa coopération avec les institutions de Bretton Woods. La Banque mondiale a approuvé, le 5 février 2026, un financement de 150 millions de dollars via la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) pour soutenir le Projet d’accès aux services de base et d’amélioration des performances (PASBAP), selon un communiqué officiel transmis à la presse.
Cette décision intervient dans un contexte où l’accès à l’eau potable, à l’électricité et à l’assainissement demeure l’un des défis structurels du développement du pays, en particulier en zone rurale.
Moderniser les services essentiels
À travers ce financement, l’institution financière internationale entend accompagner les priorités du gouvernement gabonais, notamment la modernisation des services d’eau et d’électricité, l’amélioration de leur qualité et le renforcement de la viabilité financière des opérateurs publics.
La Banque mondiale souligne que l’opération vise également à intégrer les enjeux climatiques dans les investissements futurs, en privilégiant des infrastructures résilientes et des réformes institutionnelles durables.
« Le financement approuvé vient soutenir les efforts déployés par le gouvernement pour relever ces défis en matière d’accès et de qualité de service, en combinant des investissements dans des infrastructures résilientes au changement climatique avec le renforcement des politiques, des institutions et des réglementations sectorielles », précise l’institution.
Un défi social et sanitaire majeur
Les données présentées par la Banque mondiale illustrent l’ampleur des besoins. Au Gabon, seulement 55 % de la population rurale a accès à l’eau potable et 29 % à l’électricité, tandis que l’insuffisance d’infrastructures d’assainissement continue de poser un risque sanitaire important.
L’absence de systèmes efficaces de traitement des boues fécales contribue notamment à la contamination des eaux de surface et souterraines, augmentant la vulnérabilité des populations aux maladies hydriques — un enjeu de santé publique autant que de développement.
535 000 bénéficiaires attendus
Le projet PASBAP devrait bénéficier directement à environ 535 000 personnes, grâce :
• à l’extension des réseaux d’eau et d’électricité,
• à l’amélioration de la fiabilité des services existants,
• au développement de solutions d’assainissement sécurisées.
Pour la Banque mondiale, cet investissement dépasse la seule question des infrastructures. Il s’inscrit dans une logique de renforcement du capital humain et de croissance inclusive.
« L’amélioration de l’accès aux services de base est essentielle pour renforcer le capital humain, soutenir une croissance économique inclusive et accroître la résilience aux chocs climatiques », explique Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale.
Un signal économique et politique
Au-delà de son impact technique, ce financement constitue un signal de confiance des partenaires financiers internationaux envers les réformes engagées par les autorités gabonaises dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.
Dans un pays confronté à une crise énergétique persistante et à une urbanisation rapide, l’accès aux services essentiels apparaît désormais comme l’un des chantiers prioritaires de l’action publique. L’appui de la Banque mondiale pourrait ainsi contribuer à accélérer la transformation des infrastructures et à réduire les inégalités territoriales d’accès aux services de base.
Reste désormais l’enjeu de l’exécution, souvent décisif, pour transformer ce financement en améliorations concrètes et visibles dans le quotidien des populations.































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