
En visite officielle à Washington, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a présenté aux autorités et investisseurs américains la nouvelle vision du Gabon, fondée sur la transformation locale des ressources, la transparence économique et la stabilité retrouvée. Coulisses
Dans un discours dense, prononcé en marge du sommet multilatéral organisé par la présidence américaine, le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a posé les bases d’un partenariat renouvelé entre le Gabon et les États-Unis. Reçu par Donald Trump, le Président américain, le dirigeant gabonais a mis en avant les transformations engagées dans son pays depuis le 30 août 2023, date du coup de force ayant mis fin à plus d’un demi-siècle de régime Bongo.
« Depuis le coup de la Libération, le Gabon est un havre de paix et de stabilité », a affirmé le Président, insistant sur l’assainissement du climat des affaires, la réforme des procédures administratives, et l’instauration de nouvelles règles de transparence dans la gouvernance publique. Il a également évoqué les élections d’avril 2025 comme une étape majeure vers le retour à l’ordre constitutionnel et la consolidation des institutions.
Une stratégie économique volontariste
Sur le fond, le message était clair : le Gabon ne veut plus être cantonné au rôle de simple exportateur de matières premières. « Le 4 juin 2025, le Gabon a pris la décision de transformer localement nos matières premières pour créer plus de richesse et plus d’emplois », a rappelé Oligui Nguema. Pétrole, manganèse, fer, niobium, lithium, uranium… autant de ressources stratégiques dont regorge le sous-sol gabonais, et que le Président souhaite désormais valoriser sur place.
Pour concrétiser cette vision, plusieurs projets ont été mis en avant : une production renforcée d’énergie (thermique et hydroélectrique), la création de 3 000 km de routes, un chemin de fer Belinga–Booué–Mayumba long de 901 km pour le transport du minerai, et la construction d’un port en eau profonde à Mayumba. Sur ce dernier dossier, des discussions avancées sont en cours avec l’entreprise américaine Rapsican, selon le chef de l’État.
Un plaidoyer pour des financements préférentiels
Conscient des besoins en financement pour accompagner cette transformation, Oligui Nguema a profité de sa présence à Washington pour s’adresser aux agences américaines de développement. Il a notamment plaidé pour l’octroi d’un prêt préférentiel de 2 à 3 milliards de dollars auprès de l’US-DFC et d’EXIMBANK, sur une durée de 5 à 10 ans. « Nous disposons actuellement d’une économie capable de rembourser », a-t-il assuré, mettant en avant la solidité budgétaire retrouvée du pays.
Parmi les entreprises citées comme partenaires stratégiques, on retrouve notamment ExxonMobil pour le développement pétrolier offshore, Boeing pour l’acquisition de trois gros porteurs à l’horizon 2029, et Millenial Potash, qui vient de signer un accord de 500 millions de dollars pour l’exploitation de la potasse à Mayumba.
Une diplomatie de clarté
Outre les aspects économiques, le Président gabonais a abordé des questions sensibles : immigration illégale, pavillons maritimes frauduleux, et retour du Peace Corps américain au Gabon. Il a fermement rappelé que « les passeports gabonais restent fiables et crédibles » et que les pratiques du passé — qu’il attribue à l’ancien régime — sont en cours d’éradication. Il a également appelé au rapatriement dans la dignité des compatriotes gabonais faisant l’objet de procédures judiciaires aux États-Unis.
Enfin, Oligui Nguema a souligné l’urgence d’un nouvel équilibre dans la coopération Afrique–États-Unis, reposant sur des règles claires, des appels d’offres transparents, et une logique de « partenariats gagnant-gagnant ».
En donnant à voir un Gabon stable, ambitieux et ouvert, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à repositionner son pays dans les radars des grandes puissances. Sa visite à Washington, la première depuis son investiture, n’était pas qu’un exercice de communication : elle a permis de conclure des accords concrets et de poser les jalons d’un axe stratégique nouveau entre Libreville et la capitale américaine. Reste à inscrire ces engagements dans la durée, et surtout à en faire sentir les effets pour les Gabonais.































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