La signature d’un contrat-cadre entre l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers de Rabat et l’Institut de Formation à l’Enseignement Technique et Professionnel (IFETP) de Libreville dépasse le simple cadre académique. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : faire de la montée en compétences techniques un pilier de la transformation économique du Gabon.
La rencontre, organisée à Rabat dans le cadre d’une mission officielle conduite par Jean-Christophe Moudjigui, secrétaire général permanent du Conseil National de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche (CNEFOR), s’est tenue en présence de l’ambassadeur Abdelaziz Branly Oupolo. Un cadre diplomatique assumé, révélateur d’une coopération Sud-Sud qui se structure et se densifie.
Former les formateurs pour transformer le pays
Au cœur de l’accord : la mise en place de programmes de formation des formateurs, avec la création d’une agrégation dans les domaines du génie mécanique et du génie électrique. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’envoyer des étudiants se former à l’étranger, mais de bâtir une capacité pédagogique locale durable.
Ce choix est stratégique. Le Gabon ambitionne d’industrialiser davantage son économie, de transformer localement ses ressources et de moderniser ses infrastructures. Sans ingénieurs qualifiés ni enseignants techniques de haut niveau, cette ambition resterait théorique.
En s’adossant à l’expertise marocaine, reconnue pour la qualité de ses formations d’ingénieurs, Libreville cherche à combler un déficit structurel : celui de la compétence technique intermédiaire et supérieure.
Une cohérence avec la vision présidentielle
Depuis son accession au pouvoir, Oligui Nguema martèle le même message : la souveraineté économique passe par la compétence nationale. Industrialisation, transformation locale des matières premières, modernisation des services publics — ces objectifs supposent une main-d’œuvre qualifiée.
La coopération entre l’ENSAM et l’IFETP s’inscrit précisément dans cette logique. Elle complète d’autres initiatives bilatérales engagées récemment entre Rabat et Libreville dans les domaines du tourisme, de l’industrie et de la formation professionnelle.
Ce n’est pas un hasard si le Maroc devient un partenaire académique privilégié. Le Royaume a démontré sa capacité à articuler formation technique, stratégie industrielle et attractivité économique. Le Gabon observe et adapte.
Une coopération Sud-Sud qui change de dimension
Au-delà des discours, ce partenariat pose les bases d’un transfert concret de savoir-faire : formation continue des enseignants techniques, harmonisation des standards pédagogiques, montée en gamme des diplômes professionnels.
Pour le directeur général de l’ENSAM, Pr. Samir Belfkih, comme pour celui de l’IFETP, Anatole Tsioukacka, l’enjeu est clair : construire une coopération durable, structurée et orientée vers des résultats mesurables.
Mais la réussite dépendra de l’exécution. Former des formateurs exige des investissements constants, un suivi rigoureux et une volonté politique continue.
Si cette dynamique se consolide, le Gabon pourrait progressivement réduire sa dépendance aux expertises extérieures et bâtir un socle technique solide pour accompagner son ambition industrielle.
Dans la stratégie d’Oligui Nguema, la formation technique n’est plus un secteur périphérique. Elle devient un levier central de la transformation nationale. Reste désormais à transformer cet accord académique en un véritable accélérateur de compétences pour le pays.































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