
À Washington, Brice Clotaire Oligui Nguema a proposé un pacte économique ambitieux autour du pétrole, des minerais critiques et de l’énergie. Objectif : faire du Gabon un hub stratégique entre l’Afrique centrale et les puissances industrielles. Coulisses
Sous les dorures de la Maison-Blanche, la scène était presque symbolique : d’un côté, Donald Trump, icône du capitalisme américain. De l’autre, Brice Clotaire Oligui Nguema, général-président en quête de légitimité internationale pour sa transition. Au cœur des échanges, un pacte économique sur fond de géostratégie minérale.
Le président gabonais n’est pas venu les mains vides. Pétrole, manganèse, fer, terres rares, lithium, niobium, uranium, or… « Le Gabon possède tous les minéraux critiques nécessaires aux industries du futur », a-t-il martelé. Et de proposer un deal inédit : accès aux ressources contre transfert de technologies, création d’emplois, et investissements dans la transformation locale.
Le projet de potasse à Mayumba, signé avec la firme américaine Millenial Potash, en est l’illustration : 500 millions de dollars d’investissement, 800 000 tonnes d’engrais annuels, et près de 1 000 emplois attendus. Autre signal fort : la négociation d’un prêt de 2 à 3 milliards de dollars auprès de l’US-DFC et de l’EximBank pour lancer une nouvelle génération de projets structurants — chemin de fer Belinga-Mayumba, port en eau profonde, centrales hydroélectriques, routes stratégiques.
Mais au-delà de l’économie, c’est un véritable repositionnement diplomatique que cherche Oligui Nguema. Il sait que dans le Golfe de Guinée, zone à la fois riche et instable, le Gabon peut devenir un partenaire sécuritaire incontournable. Il s’est donc engagé à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine et le commerce maritime illicite — deux points sensibles pour Washington. « Nous avons assaini nos registres. Tous les bateaux concernés relèvent de l’ancien régime », a-t-il précisé, en appelant à un appui logistique et technique des États-Unis.
En filigrane, cette visite pose les bases d’un nouvel équilibre : celui d’un Gabon moins dépendant des acteurs historiques (France, Chine) et plus ouvert à des alliances pragmatiques. Donald Trump, en quête de partenaires fiables sur le continent, semble preneur. Et Oligui Nguema, en quête de reconnaissance et de financements, se positionne comme l’homme fort d’un Gabon « souverain, attractif et transformateur ».































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