Le Gabon retrouve une place de premier plan dans la diplomatie africaine. Réuni à Addis-Abeba les 11 et 12 février 2026, le Conseil exécutif de l’Union africaine a élu la République gabonaise comme membre du Conseil de paix et de sécurité (CPS), l’organe central de prévention et de gestion des conflits sur le continent. Une désignation qui marque le retour de Libreville au cœur des mécanismes décisionnels africains en matière de stabilité régionale.
Cette élection constitue d’abord un signal politique fort. Elle traduit la confiance accordée par les États membres à une diplomatie gabonaise historiquement associée aux démarches de dialogue et de médiation. Dans un contexte continental marqué par la multiplication des crises sécuritaires, des transitions politiques fragiles et des menaces transnationales, la présence du Gabon au CPS renforce la représentation de l’Afrique centrale dans cette instance stratégique.
Un rôle clé dans l’architecture sécuritaire africaine
Le Conseil de paix et de sécurité est l’un des piliers de l’Architecture africaine de paix et de sécurité. Il intervient dans la prévention des conflits, l’alerte précoce, la médiation, les opérations de maintien de la paix et la reconstruction post-conflit. En intégrant cette instance, Libreville s’engage à participer directement aux décisions qui orientent la réponse collective du continent aux défis sécuritaires.
Dans un communiqué officiel, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla Doumbeneny, a souligné que le Gabon entend exercer ce mandat « avec responsabilité et solidarité », en contribuant notamment au renforcement des mécanismes africains d’alerte précoce, à la promotion de solutions africaines aux crises du continent et à la lutte contre l’extrémisme violent, les conflits internes et les crises humanitaires.
Le repositionnement diplomatique voulu par Oligui Nguema
Cette élection s’inscrit dans la dynamique diplomatique impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui cherche à repositionner le Gabon comme un acteur crédible et utile sur la scène africaine. Depuis la transition politique engagée dans le pays, Libreville multiplie les initiatives visant à consolider sa présence dans les instances régionales et internationales.
L’entrée au CPS apparaît ainsi comme une reconnaissance du retour du Gabon dans les équilibres diplomatiques continentaux, mais aussi comme une opportunité d’influence. En siégeant dans cet organe, le pays pourra contribuer à orienter les réponses africaines face aux crises sécuritaires, tout en renforçant sa coopération avec les États membres et les partenaires internationaux.
Entre opportunité et exigence de crédibilité
Au-delà de sa portée symbolique, ce mandat représente un test diplomatique. Dans une Afrique confrontée à des conflits persistants et à des transitions politiques sensibles, le CPS demeure un espace où la crédibilité des États repose autant sur leur capacité de médiation que sur la cohérence de leur gouvernance interne.
Pour le Gabon, l’enjeu sera de traduire ses engagements en actions concrètes, qu’il s’agisse de prévention des crises, de médiation régionale ou de coopération sécuritaire. La voix de Libreville dans cette instance dépendra de sa capacité à proposer des solutions pragmatiques et à jouer un rôle constructif dans les débats continentaux.
Cette élection ouvre ainsi une nouvelle séquence pour la diplomatie gabonaise : celle d’un pays appelé à conjuguer ambition internationale et responsabilité politique, dans un environnement africain où la paix et la sécurité demeurent des priorités absolues.































Discussion about this post