
La décision est tombée le lundi 23 février : Parfait Onanga-Anyanga assurera l’intérim à la tête du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), basé à Libreville. La nomination, confirmée par un communiqué officiel des Nations unies transmis à l’Agence Gabonaise de Presse, porte la signature du secrétaire général António Guterres, seul habilité à désigner les représentants spéciaux et chefs de bureaux régionaux.
Au-delà du formalisme institutionnel, cette désignation s’inscrit dans un contexte régional tendu, où la diplomatie préventive demeure un exercice d’équilibre permanent.
Un profil forgé dans les crises
Onanga-Anyanga n’est pas un novice des théâtres sensibles. Ancien chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), il a piloté l’une des opérations de maintien de la paix les plus complexes du continent, à une période marquée par des défis sécuritaires majeurs en République centrafricaine.
Il occupe également les fonctions de représentant spécial du secrétaire général auprès de l’Union africaine, un poste stratégique qui lui confère une connaissance fine des dynamiques institutionnelles entre l’ONU et les organisations régionales africaines.
Ce double ancrage, multilatéral et continental, constitue un atout dans une sous-région où les crises débordent souvent les frontières nationales.
Une région sous haute vigilance
L’UNOCA a pour mandat central la diplomatie préventive en Afrique centrale : accompagnement des transitions politiques, appui aux processus électoraux, lutte contre l’insécurité transfrontalière, coordination face aux groupes armés et renforcement de la coopération avec la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).
La fin du mandat du diplomate nigérien Abdou Abarry, après trois années de service, ouvre une période délicate. Plusieurs pays de la zone connaissent des transitions politiques ou des fragilités institutionnelles persistantes. Dans ce contexte, la continuité diplomatique n’est pas un luxe, mais une nécessité stratégique.
Un symbole pour Libreville
Que l’intérim soit confié à un ressortissant gabonais, dans une institution dont le siège est établi à Libreville, n’est pas anodin. Sur le plan symbolique, cela renforce la visibilité du Gabon dans l’architecture diplomatique régionale. Sur le plan opérationnel, cela garantit une connaissance fine des équilibres politiques locaux.
Mais l’enjeu dépasse la nationalité. L’attente est claire : maintenir la stabilité régionale, prévenir les escalades et consolider la coopération multilatérale.
Dans une Afrique centrale confrontée à des défis sécuritaires récurrents et à des transitions sensibles, l’expérience d’Onanga-Anyanga sera mise à l’épreuve. L’intérim pourrait être court. Les défis, eux, ne le seront pas.






























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