L’Exécutif a fait un pas de géant dans le règlement d’un contentieux social hérité de l’ancien régime. En effet, en mettant un terme cette semaine aux travaux de la Commission interministérielle tripartite dédiée aux situations administratives et financières des agents de l’Éducation nationale, le gouvernement a officialisé la normalisation de plus de 6 900 dossiers.
Une décision structurante, présentée comme un basculement important dans la politique sociale de l’État, après plusieurs années de fragilisation des parcours professionnels enseignants.
Cette annonce intervient dans un contexte social délicat. La reprise des cours du deuxième trimestre de l’année académique 2025-2026, le 5 janvier, avait été fortement perturbée par un mouvement de grève d’ampleur.
Face à cette crispation, l’exécutif a opté pour une approche accélérée et concertée, en réunissant autour d’une même table les départements de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique.
Au-delà d’un simple diagnostic administratif, la Commission tripartite a abouti à des arbitrages concrets, assortis d’un calendrier d’exécution précis, avec une entrée en vigueur des mesures programmée dès février 2026. Un choix qui traduit la volonté de transformer un dossier technique en levier de stabilisation sociale.
À travers cette séquence, le Numéro Un Gabonais, entend démontrer que les engagements publics en faveur du secteur social ne relèvent plus de la déclaration d’intention, mais de l’action mesurable.
Les décisions arrêtées couvrent des situations longtemps restées en suspens. Ainsi, 328 diplômés de l’ENS et de l’ENSET accéderont enfin à la solde. Dans le même temps, 692 sortants de l’ENIL et de l’ENIF bénéficieront d’un présalaire, première étape vers une intégration pleine et entière. L’intégration de 108 enseignants spécialisés dans les disciplines scientifiques vient, quant à elle, répondre à un déficit structurel dans des filières stratégiques.
Mais la mesure la plus emblématique demeure sans aucun doute la régularisation de 1 810 enseignants longtemps maintenus sous le statut informel de « bénévoles ». À cela s’ajoute la correction de près de 4 000 situations administratives, avancements, reclassements, rappels de droits, sur un total de 6 574 dossiers examinés, voici qui a le mérite de forcer le respect et d’imposer l’administration.
Au-delà de l’ampleur chiffrée, l’enjeu est profondément institutionnel. En mettant fin à des blocages de carrière et à des statuts précaires, l’État ambitionne de restaurer la dignité professionnelle des enseignants et de rétablir une relation de confiance pérenne entre l’administration et ses agents. L’objectif affiché est clair : faire de l’administration publique un accompagnateur de parcours, et non un facteur d’exclusion ou de stagnation.
Les plus hautes autorités du pays en tête desquelles le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, insistent sur le caractère structurel de cette démarche.
L’opération ne se limite pas à un rattrapage exceptionnel, mais s’inscrit dans une logique de réforme de la gestion des ressources humaines publiques. Une extension du dispositif au secteur de la Santé est d’ores et déjà annoncée, confirmant une approche transversale des dysfonctionnements accumulés.
En validant ces régularisations à grande échelle, l’exécutif gabonais désamorce une crise sociale susceptible de fragiliser durablement le système éducatif. Pour de nombreux observateurs, cette séquence ouvre une nouvelle phase, où le dialogue social, adossé à des décisions budgétaires effectives, redonne à l’École sa place centrale dans le projet républicain du Gabon.
La réussite de cette dynamique dépendra désormais de la capacité de l’État à respecter les échéances annoncées et à inscrire ces avancées dans le temps long des réformes administratives, condition indispensable pour transformer l’essai social en changement permanent.






























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