À Owendo, le chantier touche à son terme, mais l’enjeu dépasse largement les murs qui s’élèvent. L’extension de l’Université des Sciences de la Santé (USS), lancée fin 2023 sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, s’impose déjà comme l’un des projets structurants de la refondation du système sanitaire gabonais.
Car derrière les chiffres et les infrastructures, c’est une équation nationale que le pouvoir exécutif tente de résoudre : former davantage, former mieux, et surtout former utile, dans un pays où la pression démographique sur les filières médicales ne cesse de croître.
Répondre à l’urgence silencieuse des effectifs
Pendant des années, l’USS a fonctionné à flux tendu. Salles saturées, capacités d’accueil limitées, encadrement sous tension : la formation des futurs médecins, infirmiers et pharmaciens s’est longtemps heurtée à un déficit d’infrastructures. Résultat, un déséquilibre croissant entre les besoins du système de santé et les ressources humaines disponibles.
Avec ce projet d’extension, le pouvoir entend corriger ce désalignement. L’amphithéâtre de 600 places, presque achevé, les salles modulaires de 100 à 200 places et les nouveaux bâtiments administratifs traduisent un changement d’échelle assumé. Il ne s’agit plus d’ajuster à la marge, mais de repenser la capacité d’accueil dans une logique de massification maîtrisée.
Une approche pragmatique du développement
Sur le terrain, le chantier avance à un rythme soutenu. Clôture sécurisée de 750 mètres, bâtiments R+1 fonctionnels, espaces pédagogiques structurés : l’ensemble affiche un niveau d’exécution qui tranche avec certaines lenteurs administratives du passé. La mobilisation d’une main-d’œuvre composée à 80 % de Gabonais s’inscrit par ailleurs dans une logique de retombées économiques locales, souvent revendiquée mais rarement appliquée avec constance.
La livraison annoncée pour juillet prochain, à temps pour la rentrée universitaire, constitue un test de crédibilité pour l’exécutif. Dans un contexte où l’opinion publique attend des résultats tangibles, chaque chantier livré devient un marqueur politique.
Former pour transformer
En investissant dans l’USS, Oligui Nguema envoie un signal : celui d’un État qui entend anticiper plutôt que subir. Former une nouvelle génération de professionnels de santé, dans des conditions modernes et adaptées, revient à sécuriser l’avenir du système sanitaire national.
Une politique des actes
Depuis son arrivée au pouvoir, le président gabonais a fait du triptyque « visibilité, efficacité, rapidité » un axe central de son action. L’extension de l’USS s’inscrit pleinement dans cette logique. Visible, par son envergure. Efficace, par sa finalité. Rapide, par son calendrier.
Reste désormais à transformer l’essai. Car au-delà des infrastructures, c’est la qualité de la formation, la disponibilité des enseignants, et l’intégration des diplômés dans le système de santé qui détermineront le succès réel de cette initiative.
À Owendo, les murs sont presque prêts. Le véritable chantier, lui, ne fait que commencer : celui de la compétence.































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