Dans la capitale de la Ngounié, à Mouila, la scène avait valeur de signal. En remettant une centaine d’équipements à de jeunes entrepreneurs, la ministre des PME/PMI, Zénaba Gninga Chaning, a matérialisé une orientation désormais assumée par l’exécutif : passer du discours sur l’emploi des jeunes à une logique d’impact immédiat.
Tricycles pour le transport urbain, chariots électriques et équipements agricoles : le choix du matériel n’est pas neutre. Il cible des secteurs à forte capacité d’absorption, agriculture vivrière et mobilité de proximité, là où l’investissement initial constitue souvent le principal frein à l’activité.
Une politique de l’action directe
Derrière cette opération, c’est la ligne impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema qui se déploie : soutenir l’entrepreneuriat non plus seulement par des mécanismes financiers classiques, mais par des dotations concrètes, immédiatement exploitables.
Le choix du don, plutôt que du crédit, marque une rupture. Il permet d’éviter l’endettement précoce de jeunes entrepreneurs souvent fragiles, tout en accélérant leur entrée dans l’activité productive. Une approche pragmatique, calibrée pour produire des résultats visibles à court terme.
Mais cette générosité apparente s’accompagne d’une exigence claire. La ministre l’a rappelé sans détour : ces équipements ne sont pas des acquis définitifs, mais des outils de travail. Leur utilisation sera suivie, encadrée, et toute dérive, revente, détournement, exposera les bénéficiaires à des sanctions.
Responsabiliser plutôt qu’assister
Ce cadrage change la nature du dispositif. Il ne s’agit pas d’une distribution sociale, mais d’un contrat implicite entre l’État et les bénéficiaires : des moyens contre des résultats.
Dans un pays où les politiques d’insertion ont parfois été critiquées pour leur manque de suivi, cette dimension de contrôle pourrait faire la différence. Elle introduit une culture de responsabilité, encore insuffisamment ancrée dans certains dispositifs publics.
Sur le terrain, les réactions des bénéficiaires traduisent à la fois espoir et conscience de l’enjeu. Pour beaucoup, ces équipements représentent une première opportunité réelle de structurer une activité génératrice de revenus.
Agriculture et transport : des choix stratégiques
En ciblant l’agriculture, taro, manioc, cultures vivrières, et le transport urbain, les autorités misent sur des secteurs à fort effet multiplicateur. L’un répond à la question de la sécurité alimentaire, l’autre à celle de la mobilité quotidienne, souvent défaillante dans les villes de l’intérieur.
Ce double levier permet non seulement de créer des revenus, mais aussi de répondre à des besoins concrets des populations locales. Une manière d’ancrer l’entrepreneuriat dans l’économie réelle, loin des projets déconnectés du terrain.
Le test de la durée
Reste une interrogation centrale : celle de la pérennité. Car au-delà de l’impact immédiat, c’est la capacité des bénéficiaires à maintenir et développer leurs activités qui déterminera le succès réel de l’initiative.
Formation, accompagnement, accès aux marchés : sans ces relais, le risque existe de voir ces équipements sous-utilisés ou abandonnés à moyen terme.
À Mouila, l’État a fait sa part en donnant les moyens. La suite dépendra désormais de l’appropriation par les jeunes eux-mêmes.




























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