Face aux difficultés persistantes d’accès à l’emploi et aux limites du dispositif de formation professionnelle, le président Brice Clotaire Oligui Nguema entend accélérer la réforme de la politique nationale de l’emploi. Une priorité qui place le numérique, la formation technique et l’adéquation entre les compétences et les besoins des entreprises au cœur de l’action gouvernementale.
Le plein emploi s’installe parmi les priorités majeures du septennat de Brice Clotaire Oligui Nguema. Au Palais Rénovation, le chef de l’État s’est entretenu avec Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba, ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, autour des principaux obstacles qui ralentissent encore la politique nationale d’insertion professionnelle.
Au cœur des échanges : le fonctionnement du Pôle national pour la promotion de l’emploi (PNPE), les difficultés d’accès à ses plateformes numériques et les défis rencontrés dans l’organisation des examens et concours de la formation professionnelle. Pour le chef de l’État, ces dysfonctionnements ne peuvent constituer des freins durables à l’accès des Gabonais aux opportunités professionnelles. Il a ainsi instruit la ministre de prendre les mesures nécessaires pour apporter des réponses durables aux difficultés identifiées.
Un PNPE plus accessible et plus connecté
La modernisation du PNPE apparaît comme l’un des premiers leviers de cette nouvelle impulsion. L’ambition est de rendre les plateformes numériques plus accessibles et plus performantes, afin de faciliter la mise en relation entre demandeurs d’emploi et employeurs. Cette transformation doit également bénéficier aux Gabonais établis à l’étranger. La diaspora constitue en effet un vivier de compétences que les pouvoirs publics souhaitent davantage connecter aux opportunités et aux besoins du marché national.
L’enjeu est donc de faire évoluer le PNPE d’un simple dispositif administratif vers un véritable outil de rapprochement entre l’offre et la demande de travail. Cette orientation rejoint la volonté présidentielle de faire du numérique un instrument de modernisation de l’État et d’amélioration des services publics.
La formation professionnelle au cœur du dispositif
Mais le président Oligui Nguema entend aller au-delà de la seule question du placement des demandeurs d’emploi. Le problème se situe également en amont : celui de la formation.
L’organisation des examens et concours de la formation professionnelle fait ainsi l’objet d’une attention particulière. Le renforcement des moyens humains, matériels et financiers est présenté comme indispensable pour garantir la régularité des évaluations et le bon fonctionnement du dispositif, notamment concernant le règlement des vacations dues aux examinateurs.
Derrière cette réforme administrative se joue une question beaucoup plus stratégique : quelles compétences le Gabon doit-il former pour répondre à ses propres besoins économiques ?
Le président a déjà fait de cette question une priorité. Lors de sa récente visite à l’Institut du Pétrole et du Gaz de Port-Gentil, il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les formations scientifiques, techniques, pétrolières, gazières et énergétiques afin de disposer des compétences nécessaires au développement des nouvelles infrastructures du pays.
Former pour répondre aux besoins du marché
Cette approche marque une évolution importante de la politique éducative et professionnelle. L’objectif n’est plus seulement de multiplier les diplômés, mais de développer des compétences directement mobilisables dans l’économie réelle.
Le développement des filières scientifiques et techniques devient ainsi une priorité. Industrie, énergie, numérique, BTP, mines, agriculture, transport ou encore maintenance : autant de secteurs qui nécessitent des techniciens, ingénieurs et professionnels qualifiés.
La récente mise en service de l’Université Internationale Brice Clotaire Oligui Nguema du Cap Estérias illustre cette orientation. L’établissement accorde notamment une place aux formations technologiques, au tourisme, à l’hôtellerie et à la restauration, avec l’ambition affichée de rapprocher davantage les parcours de formation des besoins du marché de l’emploi.
Le défi du plein emploi
Pour le président de la République, la bataille de l’emploi est indissociable de celle de la transformation économique. Une économie qui se diversifie doit pouvoir compter sur une main-d’œuvre nationale capable d’accompagner ses mutations.
C’est également le sens des orientations données récemment au secteur privé. Lors de sa rencontre avec la Fédération des entreprises du Gabon et les dirigeants de PME-PMI, Brice Clotaire Oligui Nguema avait appelé les entreprises à transformer les ressources mobilisées en investissements, en capacités de production et en créations d’emplois, tout en encourageant l’émergence de champions nationaux.
La logique est donc désormais clairement articulée : former les compétences, faciliter leur insertion, soutenir les entreprises et créer les conditions d’une économie davantage créatrice d’emplois.
Cette stratégie donne au plein emploi une dimension qui dépasse le seul champ du ministère du Travail. Elle implique l’éducation, la formation professionnelle, le secteur privé, le numérique et les politiques économiques.
En plaçant personnellement ces sujets au centre de ses échanges avec le Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema entend ainsi faire de l’emploi un résultat concret de la transformation du Gabon.
Le défi est désormais posé : faire en sorte que chaque formation puisse ouvrir sur une compétence, que chaque compétence puisse rencontrer une opportunité et que chaque opportunité puisse contribuer à la création de richesse nationale. C’est dans cette articulation entre formation, employabilité et production que le président entend construire l’une des réponses majeures aux attentes de la jeunesse gabonaise.































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