
L’étau se resserre sur TikTok : le ministre de l’Education nationale a adressé un nouveau signalement concernant le fonctionnement du réseau social TikTok au parquet de Paris. Ce dernier est destiné à s’ajouter à l’enquête déjà ouverte contre la plateforme en novembre dernier pour incitation au suicide.
Après la commission parlementaire, les ONG, l’Anses et le député Delaporte : un membre du gouvernement s’attaque aussi à TikTok. Jeudi 26 mars, Edouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, a transmis un signalement au parquet de Paris visant à ajouter trois nouveaux griefs à une enquête pénale en cours visant le réseau social chinois. En novembre dernier, une enquête préliminaire était initiée contre la plateforme après le signalement du député socialiste Arthur Delaporte.
L’algorithme de la plateforme appartenant au géant chinois ByteDance est accusé de mettre en avant des contenus susceptibles de pousser les plus jeunes et les plus vulnérables vers le suicide.
Cette fois, le ministre de l’Éducation nationale a saisi le procureur de la République de Paris pour « provocation au suicide », « traitement de données illicites » et « transfert de données à caractère illicite ». Sur X, ce dernier a précisé avoir créé un compte factice de mineur sur la plateforme chinoise.
Un « phénomène d’enfermement immédiat »
Or, « le phénomène d’enfermement est immédiat et s’aggrave à très grande vitesse », a-t-il déclaré. Selon le membre du gouvernement d’Emmanuel Macron, près de « 30 % des jeunes de 15 à 24 ans connaissent des troubles dépressifs ». Le fait que « l’algorithme de TikTok enferme les mineurs dans une spirale mortifère de contenus liés aux troubles alimentaires, à l’automutilation, à la dépression et au suicide » est « susceptible de caractériser plusieurs infractions pénales », a-t-il poursuivi.
S’exprimant au micro de France Inter, ce dernier est revenu sur le compte factice créé sur le réseau social préféré des Jeunes. « En moins de 20 minutes, sans avoir liké quoi que ce soit », « on s’est retrouvé avec des vidéos dépressives (…) des véritables tutoriels de scarifications » et « des vidéos d’incitation au suicide », a-t-il déploré. Tout ce processus a été communiqué au parquet, via une clé USB. « La protection de nos 12 millions d’élèves ne peut souffrir d’aucun compromis », a -t-il martelé.
Des contenus dangereux mis en avant
Ce signalement s’ajoute à de nombreux autres visant le réseau social. En septembre dernier, c’était la commission d’enquête sur TikTok qui dressait le constat alarmant de l’impact du réseau social sur les plus jeunes. Ses membres préconisaient déjà d’agir en décrétant un « couvre-feu numérique » pour sortir les ados du « piège TikTok ».
En octobre dernier, Amnesty France publiait, de son côté, une enquête sur ce que voyaient, en pratique, les adolescents français sur leur plateforme préférée. « Nos résultats sont sans appel : l’algorithme de TikTok continue de propulser des contenus dangereux, pouvant impacter la santé mentale des jeunes ». « TikTok inonde encore les écrans des ados vulnérables de contenus dangereux pouvant aller jusqu’à encourager l’automutilation ou le suicide », écrivait Amnesty France dans un communiqué publié en fin d’année dernière.
Cela fait longtemps que la plateforme préférée des Jeunes est accusée de nuire à la santé mentale des adolescents. Son algorithme rendrait le réseau très addictif. Il serait conçu pour que les enfants regardent le site le plus longtemps et le plus souvent possible avec ses notifications push, ses achats in-app et le fait que les vidéos défilent indéfiniment. Problème : si un compte manifeste un intérêt pour des contenus relatifs à la tristesse ou à un mal-être psychologique, il serait orienté vers des contenus dépressifs en moins d’une heure de navigation sur ce fil « Pour toi », expliquait la branche française d’Amnesty International.
Bruxelles pourrait prononcer une amende salée pour violation du DSA
L’Anses, l’autorité en charge de protéger la santé des Français, avait aussi apporter sa pierre à l’édifice. Elle préconisait, dans un rapport de janvier dernier, de revoir en profondeur le fonctionnement de ces plateformes, en les contraignant à proposer aux mineurs uniquement des réseaux sociaux respectueux de la santé mentale. Il faut des réseaux sociaux « uniquement conçus et paramétrés pour protéger » les mineurs, plaidait l’Anses.
Côté européen, TikTok fait aussi l’objet d’une enquête de la Commission européenne dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA). Les conclusions préliminaires, tombées en février dernier, sont sans appel. Bruxelles estime que les fonctions comme le défilement infini des vidéos, leur lecture automatique, les notifications et le système de recommandation présentent bien un caractère addictif.
En mai, l’exécutif européen devrait prononcer des mesures définitives qui pourraient se transformer en amende salée. Mais le réseau social compte bien contester ce point de vue, estimant que le portrait dressé est « catégoriquement faux et totalement dénué de fondement de notre plateforme ».
Avec Stéphanie Bascou
























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