
Le 4 avril, sur le plateau de l’émission 1 candidat, 1 projet, Alain-Claude Bilie By Nze a lâché une bombe politique : verser un revenu mensuel de 150 000 FCFA à chaque chômeur gabonais. Une annonce qui, au premier abord, pourrait séduire une population frappée de plein fouet par la crise économique. Mais à y regarder de plus près, la proposition frôle l’irresponsabilité budgétaire. Explication.
C’est le député Geoffroy Foumboula Libeka Makosso qui a été le premier à tirer la sonnette d’alarme. Dans une analyse chiffrée, il démonte le mirage électoraliste de Bilie By Nze avec une rigueur implacable. Verser 150 000 FCFA à 500 000 chômeurs, sur une année, représenterait une dépense colossale de 900 milliards FCFA. Soit la moitié du budget national. Et encore, sans compter la masse salariale de la fonction publique (800 milliards), ni le remboursement de la dette publique (1 500 milliards), majoritairement contractée… sous les gouvernements Bongo-PDG, dont Bilie By Nze fut l’un des piliers.
Une promesse hors-sol dans un pays en surendettement
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le total des dépenses projetées par Bilie By Nze s’élèverait à 3 200 milliards FCFA, alors que les recettes propres du pays plafonnent à 1 800 milliards FCFA. Pire encore, cette manne est presque entièrement tributaire d’un secteur pétrolier en déclin, que le candidat lui-même reconnaît comme voué à l’épuisement dans les prochaines années.
Pour Geoffroy Foumboula, cette annonce est une « manœuvre populiste » qui exploite la détresse de la jeunesse pour tenter de redorer une image ternie par deux décennies de loyauté au régime Bongo. « On ne gouverne pas un pays avec de la poésie », lâche le député. Et de rappeler que Bilie By Nze n’a jamais, au cours de sa carrière politique, proposé une solution durable au chômage ou à la précarité.
La mémoire longue des Gabonais
Alors que le pays sort tout juste d’un long cycle d’endettement, d’inégalités croissantes et de gestion opaque des finances publiques, les électeurs attendent des mesures concrètes, crédibles et financées. Or, Bilie By Nze refuse toujours de répondre à la question centrale : où trouver l’argent ?
Difficile, dès lors, de prendre au sérieux une promesse aussi massive, dans un pays dont l’économie est encore en convalescence après des années de mal-gouvernance. D’autant plus que l’homme qui la formule a été au cœur de ce système, défendant bec et ongles ses politiques, jusqu’à la chute brutale du 30 août 2023.
Une jeunesse en attente de solutions réelles
Le chômage endémique qui frappe les jeunes Gabonais nécessite une politique d’emplois structurée, de formation professionnelle, et de relance de la production locale. Pas un chèque électoral sans garantie, dans un pays où les arriérés de salaires s’accumulent et où les hôpitaux manquent de tout.
À l’approche du scrutin, il revient aux électeurs de faire preuve de lucidité : derrière les effets d’annonce, il y a des choix budgétaires, des arbitrages, et une vision. Bilie By Nze a-t-il cette vision ? Ou n’est-il que l’ombre du passé déguisée en promesse de changement ?



























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