La deuxième journée du 11ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique aura marqué un tournant décisif. En participant activement à la séance à huis clos consacrée aux arbitrages finaux, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est imposé comme l’une des voix structurantes de cette séquence diplomatique.
Au cœur des discussions : l’examen des conclusions issues des différents segments du sommet et l’adoption des décisions majeures appelées à redéfinir le rôle de l’organisation dans un monde en mutation. Mais au-delà du formalisme institutionnel, c’est bien une bataille de cap qui s’est jouée à Malabo.
Oligui Nguema, architecte d’une nouvelle doctrine économique
Chargé de présenter le pré-rapport du Sommet des affaires, initiative portée par le Gabon, Oligui Nguema a livré un message sans ambiguïté devant une assemblée composée notamment de Mswati III, des chefs d’État et du secrétaire général de l’organisation.
Dans un contexte international sous tension, le président gabonais a appelé à un véritable changement de paradigme : sortir des économies de rente fondées sur l’exportation de matières premières pour bâtir des modèles intégrés, centrés sur la transformation locale, l’industrialisation et l’innovation.
Une ligne claire, qui tranche avec les approches plus prudentes souvent observées dans ce type de forums.
Le secteur privé au cœur de la transformation
Au centre de cette doctrine, un acteur clé : le secteur privé. Oligui Nguema en fait le moteur principal de la croissance et de la création de valeur. Mais à une condition : refonder la relation entre États et investisseurs.
Prévisibilité des politiques publiques, stabilité réglementaire, culture de résultats. Le chef de l’État gabonais plaide pour un nouveau pacte de confiance, condition indispensable pour attirer les capitaux et accélérer la transformation économique.
Trois priorités pour changer d’échelle
Les travaux du Sommet des affaires, présentés par le président gabonais, ont permis de dégager trois axes majeurs :
– accélérer l’industrialisation et la transformation locale des ressources ;
– faire du numérique et de l’innovation des leviers de compétitivité ;
– renforcer les mécanismes de financement, notamment en faveur des PME, des jeunes et des femmes.
À ces priorités s’ajoutent des orientations structurantes : promotion des partenariats public-privé, développement d’instruments financiers adaptés, intensification de la coopération Sud-Sud et mise en place de mécanismes rigoureux de suivi.
Un point clé. Car sans évaluation, les engagements restent souvent lettre morte.
Une influence concrétisée dans la déclaration finale
Les contributions issues de ces travaux ont été intégrées dans la déclaration finale du sommet, preuve de leur poids dans les arbitrages. Présenté par Seedy K.M. Keita, président du Conseil des ministres de l’OEACP, le texte a été adopté par consensus.
Il consacre l’engagement des États membres en faveur d’une organisation plus intégrée, plus résiliente et surtout orientée vers des résultats concrets.
Cap sur 2029 et reconnaissance diplomatique
Les discussions ont également porté sur l’avenir de l’organisation, avec la désignation de la région des Caraïbes pour assurer la prochaine présidence en 2029. Un choix qui confirme la volonté d’équilibre géographique au sein de l’OEACP.
La cérémonie de clôture, organisée en session ouverte, a été marquée par un hommage appuyé à la Guinée équatoriale pour la qualité de l’accueil, ainsi que par la remise des distinctions de la Troïka du sommet.
Un sommet de clarification
Au terme de cette séquence, une conclusion s’impose : l’OEACP entre dans une phase de redéfinition. Et dans ce moment charnière, le rôle joué par Brice Clotaire Oligui Nguema confirme une ambition plus large, celle de positionner le Gabon comme un acteur moteur dans la structuration d’un Sud global plus cohérent et plus offensif.
Désormais, il faudrait transformer ces orientations en actions concrètes. Car à Malabo, les États membres ont posé un diagnostic lucide. Le véritable défi commence maintenant : exécuter.































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