Dans son exercice favori, celui du donneur de leçons, Alain‑Claude Bilie‑By‑Nzé a récemment pris la parole dans un média étranger pour dresser un tableau catastrophique du Gabon actuel. Santé en crise, éducation à la dérive, vie chère galopante… le portrait qu’il brosse donne l’impression que le pays s’effondre depuis son départ du pouvoir. Mais ce que l’ancien Premier ministre omet, volontairement ou non, c’est que ces mêmes plaies béantes existaient déjà hier, sous son propre mandat, sans qu’il ne trouve les solutions pour y remédier. Démonstration
Une critique de la santé qui oublie le passé
Bilie-By-Nzé pointe du doigt les hôpitaux et dénonce leur crise actuelle. Pourtant, les Gabonais se souviennent des salles d’attente bondées, des pénuries de médicaments et des grèves à répétition du corps médical sous sa gouvernance. Aujourd’hui, si des difficultés persistent, elles sont autant le legs de son gouvernement que la conséquence de choix passés : discours et promesses plutôt que réformes concrètes.
L’éducation : le miroir d’un échec ancien
Sur le front de l’éducation, l’ancien Premier ministre déplore le déficit d’enseignants et la diminution des bourses. Mais il oublie les réformes mal préparées qu’il a défendues, laissant des générations d’élèves dans l’incertitude. Critiquer aujourd’hui, c’est comme crier au feu après avoir soi-même vidé l’extincteur dans les flammes. L’école gabonaise n’a pas souffert de l’inaction d’aujourd’hui, mais de celle d’hier.
Vie chère : un héritage de promesses non tenues
Quant à la lutte contre la vie chère, les critiques de Bilie-By-Nzé sonnent presque comiques. Sous sa primature, les prix grimpaient déjà et les mesures prises n’avaient qu’un impact symbolique, laissant le panier de la ménagère inchangé. Pointer aujourd’hui l’inefficacité des politiques actuelles revient à accuser son successeur des trous laissés dans la caisse qu’il avait lui-même creusés.
L’aveu derrière l’attaque
Au fond, les accusations de l’ancien Premier ministre ne visent pas tant le présent que son propre passé. Chaque critique révèle, en filigrane, l’incapacité de Bilie-By-Nzé à agir lorsqu’il en avait le pouvoir. Il joue au procureur, mais c’est son dossier qui le condamne. Dans ce jeu de miroirs, l’image qui demeure est celle d’un homme qui a laissé l’incendie se propager hier et feint aujourd’hui la surprise devant les cendres qu’il a contribué à créer.
En dénonçant les insuffisances du gouvernement actuel, Bilie-By-Nzé semble oublier une vérité essentielle : la responsabilité ne se mesure pas seulement à la critique, mais surtout aux actes que l’on accomplit lorsque l’on détient le pouvoir. Et sur ce terrain, son bilan parle pour lui.































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