À Brazzaville, lors du sommet extraordinaire de la CEMAC, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas parlé pour meubler le communiqué final. Il a parlé pour fixer une ligne. Dans un contexte économique régional sous tension, le président gabonais a porté une position sans ambiguïté : la stabilité de la monnaie commune n’est ni négociable ni différable. Elle constitue, selon lui, le socle même de la souveraineté économique et de la protection du pouvoir d’achat des populations d’Afrique centrale.
Cette prise de parole, assumée et structurée, tranche avec les discours incantatoires souvent entendus dans les sommets régionaux. Pour Oligui Nguema, le temps des diagnostics est largement dépassé. Celui de l’action immédiate est désormais engagé. « Il ne s’agit plus seulement de réformer, mais d’obtenir des résultats tangibles », a-t-il martelé, en appelant à une discipline collective et à des décisions courageuses.
Parmi les mesures arrêtées avec ses homologues, trois axes majeurs se dégagent. D’abord, le rapatriement strict des devises par les acteurs économiques, en particulier dans le secteur extractif, longtemps pointé du doigt pour ses pratiques d’évasion financière. Ensuite, une rigueur accrue dans la gestion des finances publiques, afin de restaurer la crédibilité budgétaire des États membres. Enfin, un recentrage stratégique sur la production locale, condition indispensable pour réduire une dépendance excessive aux importations qui fragilise durablement les économies de la sous-région.
Sur ces dossiers sensibles, le président gabonais s’est posé en défenseur d’une CEMAC plus responsable et plus cohérente. Loin de se contenter d’engagements de principe, il a insisté sur la mise en place d’un mécanisme de suivi rigoureux, avec une première évaluation attendue d’ici avril 2026. Une exigence de redevabilité qui reflète sa méthode : fixer des objectifs clairs, des délais précis et juger sur les résultats.
Pour Libreville, cette posture s’inscrit dans une vision plus large. Le Gabon entend jouer pleinement son rôle au sein de la CEMAC, non comme un spectateur prudent, mais comme un acteur moteur d’une intégration économique crédible. En liant stabilité monétaire, production locale et discipline budgétaire, Oligui Nguema défend une approche pragmatique, centrée sur l’impact réel des politiques publiques sur la vie des citoyens.
À Brazzaville, le message est passé : l’Afrique centrale ne peut plus se permettre l’approximation économique. Et dans cette bataille pour une zone CEMAC plus forte et solidaire, le président gabonais assume désormais une voix centrale, ferme sur les principes et exigeante sur les résultats.































Discussion about this post