À New York, le président gabonais ne s’est pas contenté de parler de démocratie. Il a endossé les habits d’un porte-voix africain contre ce qu’il considère comme une injustice persistante : la marginalisation économique du continent.
« Il n’est plus acceptable que les nations africaines restent cantonnées dans le rôle de pourvoyeuses de matières premières », a-t-il lancé, dans une attaque directe contre l’ordre économique international. Pour le Gabon, qui figure parmi les principaux exportateurs de pétrole, de bois et de manganèse, le constat est limpide : la dépendance aux cours mondiaux, fixés ailleurs, a maintenu le pays dans une vulnérabilité chronique.
Oligui Nguema entend briser ce cycle. Son plan de croissance et de développement met l’accent sur la transformation locale des ressources, l’industrialisation et la création d’emplois. « Nous avons décidé de transformer nos ressources sur place, créer des emplois chez nous, développer des filières industrielles africaines », a-t-il insisté.
Ce discours n’est pas isolé : il s’inscrit dans la mouvance d’un panafricanisme économique qui prend de l’ampleur, du Nigeria à l’Afrique du Sud, en passant par les pays du Sahel. Mais le président gabonais ajoute une nuance : il ne rejette pas les partenariats internationaux, à condition qu’ils soient « gagnant-gagnant ». Traduction : fini le temps des concessions opaques et des marchés déséquilibrés.
Ce positionnement sert une double stratégie. Sur le plan interne, il répond aux attentes d’une population jeune et en quête d’opportunités. Sur le plan externe, il envoie un signal aux investisseurs : le Gabon veut être pris au sérieux comme acteur industriel, pas seulement comme fournisseur de matières premières.
Reste à savoir si Libreville a les moyens de ses ambitions. La transformation des ressources et l’industrialisation nécessitent des capitaux massifs, des infrastructures solides et une gouvernance transparente. Mais dans un monde où les chaînes d’approvisionnement se redessinent, le Gabon joue la carte de la souveraineté économique. Une stratégie risquée, mais potentiellement payante.































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