Dans son adresse à la Nation du 16 août, à la veille du 17 août, Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé un avertissement sans détour aux propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés qui bordent les principaux axes de Libreville. Alors que le Gabon ambitionne d’accueillir prochainement un sommet de l’Union africaine, le chef de l’État veut accélérer la transformation de la capitale et n’exclut pas, dans le strict respect du droit, le recours à la réquisition pour cause d’utilité publique.
Le message présidentiel était attendu sur les grands enjeux nationaux. Il l’a également été sur un sujet qui touche directement au visage de la capitale : l’état de certains immeubles, façades et chantiers inachevés qui jalonnent les principaux axes de Libreville.
Dans son adresse à la Nation prononcée ce 16 août 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé de hausser le ton. Pour le Chef de l’État, l’embellissement de Libreville ne peut plus être considéré comme une seule affaire de pouvoirs publics. Il relève également de la responsabilité des propriétaires et, plus largement, du civisme de chaque citoyen.
L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule question esthétique. À travers cette mise en garde, le président gabonais entend inscrire la transformation du cadre urbain dans une ambition plus large : faire de Libreville une capitale moderne, attractive et capable de recevoir de grands rendez-vous internationaux.
« Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations »
Le président de la République s’est directement adressé aux propriétaires concernés, avec une fermeté inhabituelle.
« Aux propriétaires d’immeubles et des chantiers inachevés qui bordent nos grands axes, je m’adresse à vous avec gravité et fermeté. Vous avez des droits, mais vous avez aussi des obligations envers la collectivité. »
Le rappel est clair : le droit de propriété ne saurait, aux yeux du Chef de l’État, être dissocié des responsabilités qui l’accompagnent.
Certains bâtiments et chantiers demeurent en effet inachevés pendant de longues périodes, parfois au cœur des zones les plus visibles de la capitale. Au-delà de leur impact sur le paysage urbain, leur état peut également soulever des questions de sécurité et d’entretien de l’espace environnant.
Le Chef de l’État veut désormais mettre un terme à cette situation.
Les propriétaires concernés devraient recevoir des mises en demeure et disposer de délais précis pour achever leurs travaux. « Ces travaux devront être achevés dans les délais qui seront fixés, après les mises en demeure nécessaires », a prévenu Brice Clotaire Oligui Nguema.
Une injonction qui place désormais le gouvernement devant une obligation de traduction opérationnelle : identifier les sites concernés, fixer les délais, définir les procédures et assurer leur application.
La réquisition, l’ultime recours
Le ton monte d’un cran lorsque le président évoque les situations qui persisteraient malgré les mises en demeure.
« Si certains sites demeurent durablement abandonnés et portent atteinte à la sécurité, ou à l’image de notre belle capitale, l’État prendra ses responsabilités », a-t-il averti.
Le Chef de l’État a alors ouvert la voie à une réponse plus contraignante, en demandant au gouvernement de prendre, « dans le strict respect de la Constitution et du droit de propriété, les mesures normatives permettant leur réquisition pour cause d’utilité publique ».
Une perspective qui devra naturellement être encadrée par un dispositif juridique précis. L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause le droit de propriété, mais de permettre à la puissance publique d’agir lorsque des situations d’abandon durable seraient considérées comme incompatibles avec la sécurité, l’intérêt collectif ou les impératifs d’aménagement urbain.
Le message est donc moins celui d’une confiscation que celui d’une responsabilisation des propriétaires, avec l’État prêt à intervenir en dernier ressort lorsque les procédures ordinaires n’auront pas permis de débloquer les situations.
Libreville, vitrine de la Ve République
Derrière cette annonce se dessine une ambition plus vaste : changer durablement le visage de Libreville.
La capitale gabonaise est appelée à devenir une vitrine de la transformation engagée depuis l’avènement de la Ve République. Pour Oligui Nguema, cette mutation ne peut cependant pas reposer uniquement sur les travaux publics ou les investissements de l’État.
Le président a donc également appelé les citoyens à prendre leur part dans cette transformation.
« Le civisme n’est pas un slogan, il commence devant notre porte. Embellir sa maison, entretenir sa barrière, respecter l’espace public et prendre soin de notre cadre de vie. »
Une manière de rappeler que l’attractivité d’une capitale se construit autant par ses infrastructures que par la qualité de son environnement urbain et le comportement de ses habitants.
Le sommet de l’Union africaine comme accélérateur
Cette exigence prend une résonance particulière dans la perspective d’une éventuelle organisation au Gabon d’un prochain sommet de l’Union africaine.
Pour le président de la République, accueillir un tel rendez-vous continental ne saurait se limiter à une opération protocolaire. Libreville devra être en mesure de démontrer ses capacités d’organisation, son hospitalité et son niveau d’infrastructures.
« Accueillir un tel rendez-vous ne doit pas seulement être une opération de prestige, mais la démonstration de notre stabilité, de notre capacité d’organisation et de notre sens de l’hospitalité », a souligné le Chef de l’État.
La perspective d’un grand rendez-vous continental devient ainsi un accélérateur de la transformation urbaine voulue par les autorités.
« Libreville la belle » comme symbole
À travers cette séquence, Brice Clotaire Oligui Nguema donne finalement à l’embellissement de la capitale une dimension politique et républicaine.
Son objectif est clairement formulé : « Libreville la belle doit refléter l’exigence, la dignité et l’ambition de la Ve République. »
Il reste désormais au gouvernement à transformer cette directive présidentielle en mesures concrètes. Les propriétaires devront connaître les sites concernés, les délais impartis et les obligations qui leur seront opposées. L’État devra, de son côté, garantir la solidité juridique des procédures engagées.
Mais le signal politique, lui, est déjà donné.
Après avoir placé les infrastructures, les services essentiels et les grands équipements au cœur de son action, Brice Clotaire Oligui Nguema veut désormais s’attaquer à un autre marqueur de la transformation du Gabon : le visage même de sa capitale.
Et pour le Chef de l’État, le compte à rebours semble désormais lancé : Libreville doit être prête à montrer un nouveau visage, aux Gabonais comme au reste du continent.































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