Par sa présence annoncée à Conakry les 16 et 17 janvier, à l’occasion de l’investiture de Mamadi Doumbouya, Brice Clotaire Oligui Nguema confirme que le Gabon entend peser dans la recomposition politique de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Derrière le protocole et les fastes de la cérémonie, c’est une séquence politique lourde de symboles qui se joue : celle de deux chefs d’État issus de transitions militaires, désormais consacrés par les urnes, qui assument publiquement leur choix de la légitimation démocratique.
Le déplacement du président gabonais, accompagné de la Première Dame, n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une logique de réciprocité assumée. Le 3 mai 2025, Mamadi Doumbouya faisait partie des invités de marque à Libreville pour l’investiture d’Oligui Nguema, au terme de la transition gabonaise. À Conakry, la boucle est bouclée. Le général guinéen, arrivé au pouvoir en 2021 par un coup d’État, a remporté l’élection présidentielle du 28 décembre dernier avec 86,72 % des suffrages, mettant fin à cinq années de transition institutionnelle.
Pour Oligui Nguema, cette investiture guinéenne résonne comme un miroir. Au Gabon comme en Guinée, la transition n’a pas été conçue comme une parenthèse interminable, mais comme un passage obligé vers une refondation de l’État. En se rendant à Conakry, le chef de l’État gabonais envoie un message clair à ses pairs africains et aux partenaires internationaux : la stabilité ne se décrète pas, elle se construit, étape par étape, par le retour à l’ordre constitutionnel et la validation populaire.
Le symbole est d’autant plus fort que Conakry accueillera plusieurs chefs d’État africains et des représentants d’institutions internationales. Dans ce concert diplomatique, Oligui Nguema ne vient pas en observateur. Il vient en acteur crédible d’un nouveau récit africain, celui de transitions assumées, encadrées et débouchant sur des élections. Une trajectoire que Libreville et Conakry revendiquent désormais comme une alternative aux crises prolongées et aux transitions sans horizon.
Au-delà des personnes, c’est une relation bilatérale qui se densifie. Gabon et Guinée partagent aujourd’hui une lecture commune des défis africains : restauration de l’autorité de l’État, réconciliation nationale, relance économique et repositionnement stratégique face aux partenaires extérieurs. Les échanges entre Oligui Nguema et Doumbouya traduisent cette convergence, faite de pragmatisme plus que de slogans.
En mettant en lumière cette investiture, le président gabonais renforce aussi son image de chef d’État attentif aux dynamiques régionales. Depuis Libreville, il s’est imposé comme l’un des visages d’une Afrique centrale et occidentale en quête de nouvelles grilles de lecture, loin des caricatures habituelles sur les régimes issus de coups de force militaires.
À Conakry, le 17 janvier, il ne sera donc pas seulement question de la Guinée. Il sera question d’une génération de dirigeants qui cherchent à transformer des transitions contestées en trajectoires politiques assumées. Et dans cette scène africaine en recomposition, Brice Clotaire Oligui Nguema entend bien continuer à jouer un rôle central, à la croisée de la stabilité, de la légitimité et de l’ambition régionale.




























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