Ce 25 septembre 2025, à la tribune de l’ONU, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas seulement présenté le visage d’un chef d’État fraîchement élu. Il a revendiqué, devant le monde entier, le statut de pionnier d’un processus politique inédit sur le continent africain.
Le président gabonais est revenu sur deux années décisives : du « Coup de la Libération » du 30 août 2023 à son investiture, le 3 mai 2025, comme premier président élu de la 5ᵉ République gabonaise. Entre-temps, une transition qu’il décrit comme « exemplaire », jalonnée par un Dialogue national inclusif, un référendum constitutionnel et une présidentielle jugée « libre et transparente » par les observateurs internationaux.
À la différence de transitions militaires qui s’éternisent ou dégénèrent ailleurs sur le continent, celle du Gabon s’est distinguée par sa rapidité et son caractère pacifique. « Le peuple gabonais a choisi la voie de la réconciliation et du renouveau », a martelé Oligui Nguema. Et d’ajouter : « Ce processus pacifique et historique pourrait d’ailleurs faire l’objet d’enseignement et d’étude dans divers milieux. »
Le calendrier annoncé vient renforcer ce discours. Dès le 27 septembre 2025, le premier tour des élections jumelées législatives et locales ouvrira un nouveau chapitre institutionnel, suivi d’un second tour le 11 octobre. Puis viendront les sénatoriales, prévues pour le 8 novembre et le 29 novembre. Objectif affiché : un retour complet à l’ordre constitutionnel dès janvier 2026.
Le message est clair : le Gabon ne veut plus être perçu comme une démocratie « en sursis », mais comme un État en pleine refondation institutionnelle. Ce succès est présenté comme le fruit de l’histoire gabonaise, d’une culture de paix et d’une volonté nationale de tourner la page des décennies de dérives politiques et économiques.
Au-delà de l’autosatisfaction, Oligui Nguema cherche à installer le Gabon dans une posture diplomatique forte : celle d’un pays qui, ayant réussi sa propre mue démocratique, peut servir de modèle et de référence pour le reste du continent. Un pari audacieux qui pourrait repositionner Libreville comme un acteur incontournable des débats sur la gouvernance en Afrique.































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