
Dans un contexte politique déjà tendu à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2025, le candidat Alain Claude Bilie-By-Nze fait une fois de plus parler de lui. Invité de l’émission « 1 candidat, 1 projet », le dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba a suscité la polémique en avançant que le Gabon importerait du carburant depuis le Togo.
Une affirmation immédiatement balayée du revers de la main par les autorités compétentes et largement perçue comme une tentative de désinformation et de manipulation. La Société gabonaise de raffinage (SOGARA), réagissant sans délai, a tenu à rectifier les faits. Dans un communiqué officiel, l’entreprise précise que le Togo ne possède pas d’unité de raffinage de produits pétroliers, rendant donc impossible tout achat direct de carburant auprès de ce pays.
En réalité, les opérations évoquées par M. Bilie-By-Nze concernent la plateforme de transbordement en mer dite « Off Shore Lomé », un espace logistique neutre utilisé par divers pays d’Afrique de l’Ouest pour l’échange et le stockage de carburants. Aucun lien direct avec le marché togolais n’existe dans ce cadre.
La confusion opérée par l’ex-chef du gouvernement interpelle, surtout pour quelqu’un qui à chacune de ses sorties publiques laisse transparaître une parfaite maîtrise des dossiers. En effet, à juste titre, comment un acteur politique de son envergure peut-il confondre une zone de logistique maritime internationale avec un État souverain ? La question soulève des inquiétudes quant à la maîtrise des dossiers énergétiques par le candidat ou pire, quant à une possible stratégie volontaire de manipulation de l’opinion.
Plus troublant encore, alors que la journaliste Larisca Laure Mamengui lui signalait en direct l’erreur, M. Bilie-By-Nze a maintenu sa position avec assurance, refusant de reconnaître l’inexactitude de ses propos. Un entêtement qui s’apparente davantage à une posture politique calculée qu’à une simple erreur de langage.
Cette nouvelle controverse vient ternir un peu plus l’image d’un candidat déjà fragilisé par son association avec un système rejeté par une large frange de la population. En alimentant le débat public avec des affirmations infondées, Alain Claude Bilie-By-Nze semble vouloir privilégier le sensationnalisme au détriment de la rigueur et de la responsabilité.
À l’heure où le pays aspire à un débat électoral basé sur des propositions concrètes et une vision claire de l’avenir, de telles dérives sont non seulement regrettables, mais surtout dangereuses pour la qualité démocratique de la campagne. Les Gabonais méritent des dirigeants capables de parler vrai, de s’appuyer sur des faits, et d’assumer leurs responsabilités.



























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