Confrontée au ralentissement de certains marchés internationaux, notamment asiatiques, la filière Forêt-Bois bénéficie d’un nouveau signal fort de l’exécutif. Réuni ce lundi au Palais de la Rénovation avec les principaux opérateurs du secteur, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a ordonné l’accélération du règlement de 20 milliards de FCFA de créances de TVA dues aux entreprises. Une mesure destinée à restaurer leurs capacités financières et à préserver un secteur qui constitue le premier pourvoyeur privé d’emplois au Gabon.
Le message présidentiel est clair : la crise de la filière Forêt-Bois ne doit pas se transformer en crise industrielle et sociale. Ce lundi, Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu au Palais de la Rénovation le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, accompagné des principaux opérateurs du secteur, pour examiner les difficultés auxquelles est confrontée cette filière stratégique.
Au cœur des discussions : le ralentissement de la demande sur plusieurs marchés internationaux, en particulier en Asie, mais aussi les conséquences de cette conjoncture sur la trésorerie des entreprises, l’emploi et la capacité d’investissement.
Face à cette situation, le Chef de l’État a choisi de privilégier une réponse immédiate.
20 milliards de FCFA pour soulager la trésorerie des entreprises
La principale décision annoncée à l’issue de la rencontre concerne les créances de TVA dues aux opérateurs de la filière. 20 milliards de FCFA doivent ainsi être mobilisés dans le cadre de l’apurement d’une partie de la dette intérieure de l’État.
Pour le Président de la République, cette mesure doit permettre aux entreprises de retrouver des marges de manœuvre financières, de préserver leurs activités et de relancer leurs investissements.
Brice Clotaire Oligui Nguema a résumé sa philosophie par une formule simple : « Qui paie ses dettes s’enrichit. »
Derrière cette expression, l’enjeu est celui de la confiance entre l’État et le secteur productif. En réglant une partie de ses engagements envers les opérateurs, l’État entend donner aux entreprises les moyens de continuer à produire, investir et maintenir les emplois.
De la forêt au bois transformé : changer d’échelle
Mais l’intervention présidentielle ne se limite pas à une réponse financière. Le Chef de l’État a également demandé aux administrations concernées de travailler à l’identification de nouveaux débouchés commerciaux, notamment sur les marchés africains.
L’objectif est de réduire la vulnérabilité de la filière face aux fluctuations de certains marchés extérieurs et de mieux valoriser le bois gabonais.
Cette orientation s’inscrit dans une problématique plus large de transformation de l’économie : produire davantage localement, développer les chaînes de valeur et accroître la part de la transformation réalisée au Gabon.
Le renforcement de la consommation locale figure également parmi les pistes évoquées, avec l’ambition de faire davantage du bois gabonais une matière première au service de l’économie nationale.
Un secteur stratégique pour l’emploi
La filière Forêt-Bois demeure l’un des piliers de l’économie gabonaise. Elle représente plus de 15 000 emplois directs et indirects et constitue, selon les données présentées, le premier pourvoyeur privé d’emplois du pays.
Sa santé dépasse donc largement les seuls intérêts des entreprises forestières et industrielles. Une reprise durable du secteur pourrait avoir des effets sur l’emploi, les revenus des ménages, les activités sous-traitantes et l’ensemble de la chaîne logistique.
C’est précisément cette dimension sociale que le Chef de l’État a placée au centre de ses orientations, en demandant que les mesures prises contribuent à préserver les emplois et à créer les conditions d’une reprise durable.
Les opérateurs appelés à prendre leur part
À l’issue de l’audience, le Délégué général de l’Union des forestiers et industriels du Gabon (UFIGA), Jean-Marie Ntoutoume, a salué les orientations présidentielles, notamment la décision relative aux créances de TVA.
Les professionnels devraient désormais travailler avec les services du ministère de l’Économie, du ministère des Eaux et Forêts et de la Société nationale des bois du Gabon afin de traduire les décisions annoncées en mesures opérationnelles.
Cette phase sera déterminante. Le règlement des créances constitue un premier levier, mais la relance de la filière nécessitera également des avancées sur la compétitivité, la transformation locale, l’accès aux marchés et la diversification des débouchés.
Relancer aujourd’hui pour préparer l’avenir
En intervenant directement sur la situation financière des opérateurs tout en demandant l’ouverture de nouveaux marchés, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche ainsi à articuler réponse d’urgence et stratégie de long terme.
Le pari est double : éviter que les difficultés actuelles ne fragilisent davantage l’emploi et transformer la filière Forêt-Bois en un moteur plus robuste de diversification économique.
À travers cette audience, le Président de la République adresse également un signal aux secteurs productifs : l’État entend accompagner les entreprises confrontées aux difficultés conjoncturelles, mais attend en retour une montée en puissance de la transformation, de la création de valeur et de l’ouverture vers les marchés africains.
Pour la filière Forêt-Bois, les 20 milliards de FCFA annoncés constituent donc moins une fin qu’un point de départ. Celui d’une relance que l’exécutif veut désormais inscrire dans une économie gabonaise davantage diversifiée, créatrice d’emplois et capable de mieux valoriser ses ressources.































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