Le débat qui traverse aujourd’hui l’opinion gabonaise autour des priorités de l’Exécutif notamment en matière d’infrastructures et de social révèle une incompréhension persistante des mécanismes du développement.
À ceux qui affirment que « l’on ne mange pas les routes », Chancel Kongo, lobbyiste gabonais de renommée internationale et Conseiller spécial du président mondial de l’OMEX, oppose une lecture pragmatique du contexte national : sans infrastructures solides, le Gabon ne peut ni produire, ni redistribuer.
Selon lui, le pays paie aujourd’hui des années de sous-investissement structurel. Routes dégradées, enclavement de zones de production, coûts logistiques élevés : autant de freins directs à la compétitivité nationale. Dans ces conditions, explique-t-il, les entreprises stagnent, les investissements se font rares et la création d’emplois devient mécaniquement limitée.
Il faut dire qu’il n’a véritablement pas tort, car ce n’est pas en 2023 ou 2025, que l’on devrait régler dans un pays producteur de pétrole, de bois et de manganèse, la liste n’est pas exhaustive, les problématiques d’infrastructures routières, ou d’infrastructures.
La route, levier économique et social
Dans le cas précis du Gabon, la route est bien plus qu’un axe de circulation. Elle conditionne l’acheminement des produits agricoles, forestiers et industriels, l’accès aux services publics et la mobilité des travailleurs. Sans routes praticables, les bassins de production restent isolés, les prix augmentent et les inégalités territoriales se creusent.
Pour Chancel Kongo, investir dans les infrastructures routières revient donc à agir directement sur l’emploi, le coût de la vie et la cohésion sociale. Le social, insiste-t-il, ne peut être efficace que s’il repose sur une économie fonctionnelle.
Industrialiser pour produire et redistribuer
Cette logique se prolonge dans la question de l’industrialisation. Le Gabon ne peut significativement améliorer les conditions de vie de ses populations sans transformer localement ses ressources et structurer des chaînes de valeur nationales. Produire davantage, produire mieux et produire sur place : telle est, selon Chancel Kongo, la condition préalable à toute politique de redistribution crédible.
C’est dans ce cadre qu’il analyse la pertinence des choix du Président de la République, Chef de l’État et du Gouvernement Son Excellence, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a placé la remise à niveau des infrastructures et la relance productive au cœur de son action. Un choix exigeant, parfois impopulaire à court terme, mais nécessaire pour sortir le pays d’une économie de dépendance et de stagnation.
La crise sociale actuelle, rappelle Chancel Kongo, n’est pas née des réformes engagées, mais du retard accumulé. Des années de gel des recrutements et de décisions différées ont créé une dette sociale que l’État est aujourd’hui contraint d’affronter. En rouvrant les recrutements et en réorganisant l’appareil public, l’Exécutif a accepté d’assumer ce choc plutôt que de le repousser.
Construire avant de consommer n’est pas un renoncement au social. C’est, dans le cas du Gabon, le seul chemin réaliste vers un développement durable, inclusif et souverain. En faisant des infrastructures un socle stratégique, le Numéro Un Gabonais a engagé le pays sur une trajectoire de fond, dont les résultats s’apprécieront dans le temps long, loin des slogans, mais au plus près des réalités gabonaises.































Discussion about this post