Le Président de la République, Chef de l’État et du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a quitté Libreville ce mercredi pour Brazzaville, où il prendra part au sommet extraordinaire de la CEMAC, convoqué par son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, Président en exercice de la Conférence des chefs d’État de l’organisation.
Cette rencontre, programmée pour le 22 janvier, intervient dans un contexte économique et monétaire particulièrement tendu pour la sous-région. Elle aura pour objectif de définir des réponses coordonnées face aux défis persistants auxquels sont confrontés les États membres, en matière de stabilité monétaire, de gestion de la dette et de développement économique.
Au menu des discussions figurera la soutenabilité financière de la zone CEMAC. Les échéances importantes de la dette extérieure, prévues dès ce mois de janvier, combinées à l’érosion rapide des réserves de change, accentuent la pression sur le franc CFA. Selon des spécialistes, si l’ensemble des États honoraient simultanément leurs engagements extérieurs, la BEAC pourrait se retrouver dans l’incapacité de garantir la convertibilité de la monnaie commune.
Les dirigeants aborderont également des arbitrages stratégiques essentiels, tels que le respect des critères de convergence, la coordination des politiques budgétaires et le retour éventuel à des programmes avec le Fonds Monétaire International (FMI), actuellement absents pour la majorité des pays de la zone.
Par ailleurs, la domiciliation, à la BEAC, des Fonds de restauration des sites des compagnies extractives sera aussi examinée. Ce dispositif, présenté comme un levier potentiel pour renforcer les réserves de change, pourrait toutefois générer des tensions avec certaines multinationales et partenaires internationaux.
Ce sommet extraordinaire se veut donc une réponse politique et économique urgente, destinée à prévenir le risque croissant d’un choc monétaire dès le premier trimestre 2026. Dix ans après la crise de 2016, les chefs d’État de la CEMAC se retrouvent face à un enjeu décisif : assurer la stabilité financière et la résilience économique de la sous-région tout en consolidant l’intégration économique et le soutien aux secteurs les plus vulnérables.
Le Gabon, par la voix de son Président, entend jouer un rôle central dans ces discussions, en privilégiant la coopération renforcée entre États membres et la mise en place de mécanismes concrets pour anticiper et gérer les risques économiques à l’échelle régionale.































Discussion about this post