L’image a marqué la soirée : Emmanuel Macron, sorti de son véhicule officiel, accueillant un Brice Clotaire Oligui Nguema ferme, assuré, presque professoral. Le décor donne le ton. Dans cette visite d’État, c’est le Gabon qui conduit les priorités, et non l’inverse.
La rencontre entre les deux chefs d’État, organisée au Palais Rénovation, s’inscrit dans une dynamique stratégique où le président gabonais, désormais chef du Gouvernement, pose les jalons d’une transformation économique sans précédent.
Au cœur des discussions : la modernisation du Transgabonais, artère vitale du pays. Si Paris s’est réjoui de l’accord signé entre l’AFD et Libreville, la philosophie portée par Oligui Nguema est claire : toute coopération doit désormais s’inscrire dans un cadre de transparence financière et de gouvernance irréprochable. Cette exigence, directement inspirée des recommandations du FMI, place les partenaires internationaux devant leurs responsabilités : investir oui, mais dans le respect des nouvelles règles de la Ve République.
Le président gabonais a également insisté sur un axe majeur de son projet politique : l’industrialisation par la transformation locale. Le message adressé au groupe Eramet est explicite : impossible de construire un pays moderne en exportant simplement des minerais bruts. L’avenir économique du Gabon passe par la chaîne de valeur, l’installation d’usines et la création d’emplois qualifiés. Une orientation qui répond à l’urgence de l’emploi des jeunes, mais qui inscrit aussi le pays dans une stratégie africaine plus large de souveraineté industrielle.
De son côté, Emmanuel Macron a loué la cohérence des réformes engagées par les nouvelles autorités, reconnaissant la volonté du Gabon de rompre avec les anciennes pratiques. Le président français a confirmé son soutien à plusieurs projets structurants, notamment dans les secteurs de la gestion des déchets, des infrastructures et du manganèse. Sur le volet sécuritaire, la proposition de renforcer la coopération militaire place le Gabon au cœur d’un dispositif régional modernisé : écoles spécialisées, formation anti-braconnage, lutte contre l’orpaillage illégal.
Mais derrière les sourires et les déclarations officielles, une réalité s’impose : Brice Clotaire Oligui Nguema mène une réorientation stratégique du pays. Le Gabon n’est plus un simple réceptacle des initiatives étrangères ; il devient un acteur qui impose ses priorités et ses conditions.
La visite de Macron en est l’illustration éclatante. Si la France vient sécuriser une partie de ses intérêts, c’est désormais Libreville qui fixe le cadre politique et économique.
En moins de deux ans, le président gabonais a repositionné son pays sur la scène internationale, lui conférant une stature nouvelle, fondée sur la rigueur, la souveraineté et la recherche d’un développement réellement maîtrisé.
Cette visite d’État aura au moins une vertu : confirmer que le Gabon, sous l’impulsion d’Oligui Nguema, n’est plus dans la répétition du passé. Il avance, sûr de lui. Et les partenaires internationaux devront désormais s’aligner sur ses ambitions, non l’inverse.































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