Faut-il, à l’instar de la France et de plusieurs autres pays, interdire ou encadrer strictement l’accès des mineurs aux réseaux sociaux au Gabon ? La question, longtemps reléguée au second plan, s’impose désormais avec acuité dans le débat public, tant l’espace numérique est devenu un terrain de dérives incontrôlées.
La récente décision des autorités françaises d’engager une procédure accélérée pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, dès la prochaine rentrée scolaire, illustre parfaitement une tendance internationale lourde. Australie, Royaume-Uni, pays nordiques, États-Unis : partout, les États prennent acte des limites de l’autorégulation des plateformes et assument leur responsabilité de protection des plus jeunes.
Au Gabon, le constat est tout aussi préoccupant. Les plateformes numériques, censées être des espaces d’expression et de partage, sont de plus en plus le théâtre de pratiques toxiques : diffusion de sextapes, harcèlement ciblé, incitations à la haine, campagnes de dénigrement, propagation de fausses informations et manipulation de l’opinion. Ces dérives, loin d’être anecdotiques, touchent directement les mineurs, souvent sans encadrement parental ni dispositifs de protection efficaces.
Certains objecteront que restreindre l’accès aux réseaux sociaux porterait atteinte aux libertés individuelles ou freinerait l’innovation numérique. Mais l’expérience internationale démontre le contraire. Il ne s’agit pas de censurer, mais de réguler. Pas de bâillonner, mais de protéger. La liberté numérique ne peut prospérer dans un environnement livré à l’anarchie, où la violence symbolique et la désinformation deviennent la norme.
Dès lors, la question n’est plus vraiment de savoir s’il faut agir, mais quand et comment. À la lumière des dérives massivement enregistrées sur nos plateformes numériques, de leurs impacts sociaux et psychologiques, en l’occurrence sur les plus jeunes, la réponse s’impose d’elle-même.
Oui, il est impératif pour le Gabon d’engager une réflexion sérieuse, puis une action ferme, sur la régulation de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Non par mimétisme, mais par responsabilité. Non par contrainte idéologique, mais par devoir de protection. L’urgence n’est plus à l’observation, mais à la décision.































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