À Libreville, la santé publique a trouvé un allié inattendu mais redoutablement efficace : la création artistique. À l’occasion de la cérémonie de remise des prix du concours « Plus qu’une mère », organisée par la Fondation Ma Bannière, le Gabon a mis en scène une approche innovante de la sensibilisation aux maladies non transmissibles, notamment le diabète et l’hypertension.
Portée par la Fondation Merck, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer les modes de communication en matière de santé. Ici, les messages médicaux quittent les cercles experts pour investir l’espace public, portés par des œuvres capables de toucher, d’émouvoir et de faire réfléchir.
L’art comme levier de transformation sociale
Au cœur du dispositif, une conviction forte : l’art peut traduire des enjeux complexes en récits accessibles. Les participants au concours ne se contentent pas de créer ; ils deviennent des relais d’influence, des vecteurs de prévention, capables de briser les tabous et d’ouvrir un dialogue direct avec les populations.
Dans un contexte où les maladies non transmissibles progressent de manière préoccupante, cette approche apparaît comme une réponse adaptée aux défis de sensibilisation. Elle permet d’atteindre des publics souvent éloignés des campagnes classiques, en mobilisant l’émotion et l’identification.
La femme, pivot de la santé communautaire
Le thème « Plus qu’une mère » donne à cette initiative une portée symbolique forte. Il dépasse la sphère familiale pour repositionner la femme comme actrice centrale du développement social et sanitaire. Dans de nombreuses sociétés africaines, elle demeure en première ligne dans la gestion de la santé au sein du foyer.
En valorisant ce rôle, le programme envoie un message clair : investir dans la femme, c’est investir dans la santé collective.
Présente à la cérémonie, Zita Oligui Nguema a incarné cette vision. Saluant l’engagement des participants, elle les a exhortés à conjuguer créativité, responsabilité et sens civique. Pour elle, l’art, lorsqu’il est mis au service du développement durable, devient un outil stratégique de transformation.
Médias et créateurs, nouveaux piliers de la prévention
Même tonalité du côté de la direction de la Fondation Merck, qui entend faire des médias et des artistes des partenaires clés dans la lutte contre les maladies chroniques. L’objectif est clair : installer la prévention dans le quotidien, la rendre visible, compréhensible et engageante.
Cette démarche traduit une évolution profonde des politiques de santé publique, qui ne reposent plus uniquement sur les infrastructures et les professionnels, mais aussi sur la capacité à influencer les comportements.
Une stratégie d’impact au croisement de la culture et de la santé
À travers « Plus qu’une mère », le Gabon esquisse les contours d’un modèle où culture, communication et santé publique convergent. Une approche qui pourrait inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes défis.
En soutenant ce type d’initiatives, Zita Oligui Nguema confirme son positionnement : celui d’une actrice engagée dans les transformations sociales de fond, où l’innovation ne se limite pas à la technologie, mais s’ancre aussi dans les imaginaires.
Car au fond, la bataille contre les maladies non transmissibles ne se gagnera pas uniquement dans les hôpitaux. Elle se joue aussi dans les esprits, et désormais, sur les scènes, les écrans et les toiles.































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