
Dans un contexte politique encore marqué par les remous d’une transition inédite, la voix d’Excellence Chancel Kongo, lobbyiste gabonais de renommée internationale et conseiller spécial du président mondial de l’OMEX, s’est fait entendre ce 15 juillet à travers une tribune patriotique au ton à la fois grave et galvanisant. Une adresse directe au peuple gabonais, entre avertissement lucide et appel à l’unité nationale.
Dans ce message d’une rare intensité émotionnelle, publié sur ses plateformes officielles, Kongo invite les Gabonais à ne pas céder aux divisions ni aux manipulations d’anciens réseaux d’influence “motivés par une soif insatiable d’argent, de pouvoir et de privilèges personnels”. Selon lui, ces forces centrifuges, nostalgiques d’un ordre ancien révolu, tenteraient de freiner l’élan d’une transition incarnée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu président de la République à la suite d’un processus électoral qualifié de “légal” par l’auteur de la déclaration.
“Le Gabon ne sera plus un marchepied pour les ambitions personnelles”, martèle-t-il, dans un passage visant clairement ceux qu’il qualifie de “fossiles du système déchu”, désormais marginalisés mais toujours actifs dans l’ombre. Une allusion à peine voilée aux partisans de l’ancien régime qui, depuis l’étranger ou à l’intérieur du pays, remettent en cause les fondements de la transition.
Mais au-delà des dénonciations, le propos de Chancel Kongo se veut résolument tourné vers l’avenir. Il y célèbre la résilience du peuple gabonais, exaltant “la vraie richesse du Gabon” que représentent “l’intelligence, le travail et l’amour” de ses citoyens. Il appelle à faire front commun autour d’un projet national exigeant mais porteur d’espoir : un Gabon uni, juste, affranchi des logiques de prédation et ancré dans une gouvernance nouvelle.
Un soutien affirmé à Oligui Nguema
Le soutien de Chancel Kongo au président Oligui Nguema est explicite. Le chef de l’État est présenté comme l’homme du redressement, le porteur d’un “fardeau lourd” mais nécessaire : celui de restaurer la confiance, réhabiliter l’État et ouvrir un avenir de justice et de méritocratie. Une vision d’un Gabon “où nos talents ne seront plus étouffés, où notre potentiel sera enfin libéré”.
Ce soutien s’inscrit dans une stratégie de communication patriotique qui tend à consolider l’image du président comme leader de la refondation. Un positionnement qui intervient dans un contexte où les critiques sur les lenteurs institutionnelles, les incertitudes économiques et les tensions sociales gagnent du terrain, notamment à l’approche des élections législatives et locales du 27 septembre 2025.
Un message politique codé mais sans détour
La déclaration de Chancel Kongo prend également une dimension quasi-programmatique. À travers son appel à une “tolérance zéro” pour la corruption et la déstabilisation, le consultant envoie un signal clair à la classe politique, à l’élite administrative, mais aussi aux partenaires étrangers du Gabon. Il s’agit, selon lui, de mettre fin à une ère d’impunité et de dérives clientélistes, et de poser les bases d’un État fort, réconcilié avec lui-même.
Son message est aussi une tentative de re-mobilisation des citoyens, à l’heure où la lassitude politique gagne les couches populaires. Il tente d’instaurer un nouvel imaginaire collectif fondé sur “l’unité”, “la dignité”, et “la justice”, convoquant une mémoire nationale blessée mais encore capable de se réinventer.
Un ambassadeur officieux du nouveau Gabon ?
Longtemps actif dans les sphères de la diplomatie économique et des affaires stratégiques internationales, Chancel Kongo apparaît désormais comme l’un des relais influents de la nouvelle narration politique du Gabon. Sa tribune pourrait préfigurer un rôle plus visible dans l’appareil politique, voire institutionnel, à mesure que se dessinent les contours de la 5ᵉ République.
Son profil de technocrate global, formé aux méthodes d’influence et de gouvernance moderne, pourrait séduire un régime soucieux de crédibilité externe et de relais efficaces dans les milieux de décision à l’international. À Libreville comme dans certaines capitales africaines, ce positionnement ne passe pas inaperçu.
Reste à savoir si cette parole, forte mais isolée pour l’instant, sera suivie d’un mouvement populaire structuré, capable d’accompagner durablement la dynamique de transition. Car comme le dit l’auteur lui-même : “Notre avenir se construit ensemble, main dans la main.”































Discussion about this post