Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville, Bruno Obiang Mve, a annoncé mercredi 22 octobre 2025 l’ouverture prochaine d’enquêtes financières portant sur la gestion des fonds alloués aux neuf provinces du Gabon durant la Transition. L’objectif affiché : vérifier l’usage effectif des 63 milliards de FCFA destinés à des projets à fort impact social et au renforcement des capacités des administrations locales.
Une initiative saluée mais scrutée par l’opinion publique
Si cette annonce a été accueillie avec enthousiasme par certains citoyens et observateurs, d’autres expriment sur les réseaux sociaux leurs doutes quant à la capacité des autorités judiciaires à mener à terme cette mission. Quoi qu’il en soit, l’ouverture de ces enquêtes marque un tournant dans la quête de transparence et de redevabilité initiée depuis la Transition.
63 milliards de FCFA en question
En 2024, dans le cadre d’une tournée nationale, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la Transition, avait débloqué 7 milliards de FCFA pour chacune des neuf provinces, soit un total de 63 milliards. Ces ressources devaient financer des projets à impact direct sur la population, corriger les dérives de l’ancien régime et rapprocher les services publics des citoyens.
À l’époque, cette allocation s’inscrivait dans une volonté politique de rééquilibrage territorial et de justice sociale, visant à renforcer les infrastructures locales et à donner aux municipalités les moyens d’agir concrètement.
Vers une reddition des comptes
Plus d’un an après le déblocage de ces fonds, des interrogations persistent sur leur utilisation réelle. Des voix s’élèvent pour dénoncer l’opacité entourant certains projets et le manque de suivi. Le parquet entend examiner la répartition de l’argent, l’état d’avancement des projets financés et les résultats obtenus, avec la possibilité d’engager des poursuites judiciaires en cas d’irrégularités avérées.
Cette démarche s’inscrit dans la dynamique de moralisation de la vie publique impulsée depuis le coup d’État du 30 août 2023, illustrant la volonté des autorités de faire de la transparence financière et de la responsabilité territoriale des piliers de la gouvernance gabonaise.































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