Ce lundi 10 novembre 2025, Libreville a vibré sous l’intensité d’un événement judiciaire sans précédent : l’ouverture du procès de la « Young Team », cercle restreint des proches de l’ancien régime Bongo Valentin, accusés de détournements massifs de fonds publics, enrichissement illicite et association de malfaiteurs. Dans cette affaire, le Gabon montre sa détermination à tourner la page d’une ère de corruption et d’impunité qui a longtemps paralysé le pays.
Dès l’aube, la capitale était sous haute surveillance. Aux abords du palais de justice, policiers, gendarmes et forces d’intervention rapide ont quadrillé les lieux pour garantir la sécurité et prévenir tout débordement. Ce dispositif souligne l’importance politique et symbolique de ce procès, qui dépasse largement le cadre strictement judiciaire.
À l’intérieur de la salle, la quasi-totalité des accusés ont été présents, notamment :
– Ian Ngoulou, figure centrale des affaires les plus controversées du régime précédent ;
– Abdul Oceni Ossa, bras droit de Noureddin Bongo Valentin ;
– Mvourandjami Cyriaque, autre membre influent de la « Young Team ».
Mais l’absence de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, jugés par contumace, accentue la portée politique et morale de cette audience : nul n’est au-dessus de la loi.
Depuis le coup d’État de 2023 et l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête de la transition, la lutte contre la corruption est devenue une priorité nationale. Ce procès constitue le premier acte majeur de cette volonté de rupture. Il n’est pas seulement question de sanctionner des individus : il s’agit de restaurer la confiance des Gabonais dans leurs institutions et d’affirmer que la justice est désormais indépendante et ferme.
Les observateurs anticipent des peines historiques, mais le véritable enjeu réside dans la restitution des biens détournés et la mise en place de mécanismes durables de transparence.
En quatre jours d’audience, le Gabon s’affirme : la transition n’est pas qu’un mot, elle est en action. Le verdict du 15 novembre 2025 pourrait marquer le tournant décisif de la lutte contre l’impunité et la corruption, et envoyer un signal fort à tous ceux qui croiraient pouvoir manipuler ou intimider l’État. Ce procès est une démonstration claire : le Gabon reprend son destin en main, avec fermeté et justice.































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