Alors que s’est ouverte à Libreville l’audience très attendue du procès dit du clan Bongo-Valentin, certains s’interrogent à juste titre d’ailleurs sur la crédibilité de ce procès en l’absence de Sylvia Bongo Valentin et son fils Noureddin. Sur cette interrogation, il est bon d’avoir un regard rétrospectif.
En effet, le ministère public a tenu à dissiper toute ambiguïté autour des accusations de “procès politique” ou de “simulacre de justice” brandies par la défense et certains soutiens extérieurs.
Lors de sa conférence de presse du 4 novembre dernier, le Procureur général a répondu avec rigueur et méthode aux critiques formulées par les avocats de la défense. Il a rappelé que la compétence du tribunal, la légalité de la procédure, la neutralité des juges et la validité de l’ensemble des actes d’instruction ont été confirmées par la Chambre du Conseil.
Les insinuations d’ingérence ou de manipulation politique ont ainsi été écartées, le Procureur soulignant que le dossier a été instruit dans le strict respect du Code de procédure pénale. Quant aux déclarations d’avocats étrangers, souvent relayées sur les réseaux sociaux et dans certains médias, elles “n’altèrent en rien la régularité du dossier”, a-t-il insisté.
« Le ministère public ne plaide pas pour un régime, il plaide pour la loi, la vérité et la République », a déclaré le Procureur général, rappelant ainsi la vocation première de la justice gabonaise : protéger la Nation en garantissant l’égalité de tous devant la loi.
Les inculpés, parmi lesquels Noureddin Bongo Valentin et son entourage proche, en l’occurrence la tristement célèbre Young-Team, sont poursuivis pour détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux, corruption, concussion et association de malfaiteurs. Selon le parquet, ces infractions ne relèvent pas de simples soupçons politiques mais de faits établis, soutenus par des preuves comptables, bancaires et documentaires.
Les enquêteurs ont mis au jour un système organisé de captation des richesses publiques, reposant sur un réseau de sociétés-écrans et de comptes offshore utilisés pour siphonner des fonds issus de la gestion parallèle de la Présidence de la République et du Trésor public. « Ce n’est pas un procès d’opinion, c’est un procès de faits, de comptes et de preuves », a martelé le ministère public, balayant d’un revers toute tentative de victimisation politique.
Ce procès, qualifié d’historique, est incontestablement un tournant décisif dans la lutte contre la corruption et l’impunité au Gabon. Pour la première fois, des membres influents de l’ancien régime sont appelés à répondre de leurs actes devant la justice nationale.
L’enjeu dépasse donc les seules personnes impliquées : il s’agit d’une affirmation claire de la souveraineté judiciaire et d’un signal fort adressé à l’opinion publique, celui d’un État qui se reconstruit sur les principes de transparence, de responsabilité et d’équité.































Discussion about this post