Les contre-performances sportives ont parfois valeur de révélateur politique. Secoué par un début de Coupe d’Afrique des Nations marqué par deux défaites consécutives, le Gabon a vu la question du football s’inviter au cœur des préoccupations nationales. Réuni en Conseil des ministres ce lundi 29 décembre 2025, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré une analyse sévère mais structurée de la situation, annonçant l’ouverture prochaine d’un cycle de réformes destiné à remettre de l’ordre dans la gouvernance du sport.
Deux défaites qui dépassent le cadre sportif
Engagées dans un groupe F particulièrement compétitif, les Panthères du Gabon ont d’abord cédé face au Cameroun (1-0), le 24 décembre à Agadir, au terme d’une rencontre globalement maîtrisée par les Lions indomptables. Trois jours plus tard, la sélection gabonaise a de nouveau chuté, cette fois face au Mozambique (3-2), malgré une réaction courageuse et deux retours au score. Une défaite d’autant plus symbolique qu’elle offrait aux Mambas leur première victoire de l’histoire en phase finale de CAN.
Ces deux revers placent désormais le Gabon dans une situation sportive délicate, à la veille d’un troisième match décisif face à la Côte d’Ivoire. Mais pour le Chef de l’État, l’enjeu dépasse largement le classement du groupe.
« Absence de méthode » et gouvernance défaillante
Dans le communiqué final du Conseil des ministres, Brice Clotaire Oligui Nguema a identifié deux maux profonds à l’origine de ces résultats : « l’absence de méthode » et « la dispersion des ressources ». Des failles qualifiées de structurelles, qui traduisent, selon lui, une gouvernance inefficace et un manque de vision stratégique dans la gestion du football national.
Le Président a également dénoncé une « érosion préoccupante de la fibre patriotique » dans la conduite des affaires sportives, pointant un déficit d’engagement, de rigueur et de responsabilité à tous les niveaux. Un constat sévère, qui marque une rupture avec la culture de l’excuse souvent observée dans le milieu sportif gabonais.
Le football, enjeu de cohésion nationale
Pour l’exécutif, le football ne peut être réduit à un simple spectacle. Il constitue une composante essentielle de l’âme nationale, un vecteur de cohésion sociale et un miroir de la fierté collective. Lorsque l’équipe nationale vacille, c’est une part de l’identité du pays qui se trouve fragilisée.
En plaçant ce diagnostic au cœur du Conseil des ministres, le Président Oligui Nguema envoie un signal clair : le sport, et singulièrement le football, est désormais considéré comme un enjeu politique à part entière, inscrit dans le projet de refondation de l’État.
Des décisions « fortes et structurantes » en perspective
Face à ces dérives, le Chef de l’État a annoncé que des décisions majeures seront prises « le moment venu » afin de mettre fin aux dysfonctionnements observés. Sans en dévoiler le contenu, il a insisté sur la nécessité de restaurer la discipline, la responsabilité et l’ambition dans la gouvernance du sport.
Ces réformes pourraient concerner la Fédération gabonaise de football, les structures de formation, les mécanismes de financement, mais aussi la gestion administrative et technique des sélections nationales. Autant de chantiers qui dessinent les contours d’une refondation en profondeur.
Un tournant pour le sport gabonais
Alors que l’avenir immédiat des Panthères à la CAN 2025 demeure incertain, une chose est acquise : cette compétition aura servi de déclencheur. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema semble déterminé à transformer l’épreuve sportive en opportunité politique, pour poser les bases d’un sport gabonais plus structuré, plus rigoureux et plus fidèle aux attentes du peuple.
Reste désormais à voir comment ces annonces se traduiront concrètement, et si cette volonté présidentielle marquera, durablement, un tournant dans l’histoire du football national.































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