Au Palais présidentiel, en ce 8 janvier 2026, la cérémonie de présentation des vœux s’est muée en véritable acte politique fondateur. Face aux institutions de la République, aux forces économiques, sociales et spirituelles du pays, le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas simplement répondu à des salutations protocolaires : il a livré une feuille de route ferme, structurée et sans ambiguïté pour l’entrée effective du Gabon dans la Cinquième République.
D’un ton solennel mais résolument direct, le Chef de l’État a rappelé que cette nouvelle République marque une rupture nette avec les pratiques du passé. « La Vᵉ République que je veux exemplaire commande une rupture avec la politique politicienne », a-t-il déclaré, posant ainsi les bases d’une gouvernance axée sur l’action, la rigueur et le service exclusif du peuple.
Une gouvernance recentrée sur la discipline et la performance
Au cœur de son intervention, le Président Oligui Nguema a insisté sur la réforme de l’administration publique, qu’il considère comme le nerf de l’efficacité de l’État. Lutte contre la corruption, rationalisation des dépenses, transparence dans la gestion des ressources : autant de chantiers qu’il entend voir poursuivis et approfondis par le Gouvernement de la « géo-compétence ».
Le message est clair : les droits sociaux ne sauraient prospérer sans devoirs. En évoquant les absences injustifiées, les carrières bloquées et les dysfonctionnements persistants, le Chef de l’État a rappelé que les sanctions prévues par la loi devront désormais être appliquées « sans complaisance ». La digitalisation des procédures administratives est appelée à jouer un rôle clé dans cette nouvelle discipline de gestion, limitant les abus et améliorant la qualité du service public.
Justice indépendante et fin de l’impunité
Autre pilier central du discours présidentiel : la justice. En s’adressant à la Cour constitutionnelle et au corps judiciaire, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé son attachement à une justice indépendante, rigoureuse et crédible, condition sine qua non de l’État de droit et de l’attractivité économique du pays.
« La nouvelle République ne s’accommode pas avec l’impunité », a-t-il martelé, appelant à des sanctions effectives contre les auteurs de corruption et de crimes graves. Le Président n’a pas esquivé les sujets sensibles, évoquant notamment les dérives internes au système judiciaire, les grèves intempestives et la confusion autour du droit de grève des magistrats. Là encore, le cap est celui de la responsabilité républicaine.
Une République de règles, pas d’approximation
Qu’il s’agisse de la décentralisation, du rôle du Parlement ou de la régulation constitutionnelle, le Président a rappelé que chaque institution devra jouer pleinement son rôle, sans excès ni obstruction. Ni « chambre d’enregistrement », ni « chambre frondeuse » : l’équilibre des pouvoirs est érigé en principe cardinal.
En plaçant l’année 2026 sous le signe des trois P – Performance, Probité, Patriotisme, Brice Clotaire Oligui Nguema a donné un contenu politique fort à cette cérémonie. Plus qu’un slogan, il s’agit d’un contrat moral entre l’État et la Nation.































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