
La grève qui paralyse le secteur éducatif gabonais a pris ce mercredi 21 janvier 2026 un tournant judiciaire inédit, conséquence directe de l’excès de zèle de deux de ses figures emblématiques. Marcel Libama, porte-parole du mouvement SOS Éducation, et Simon Ndong Edzo, cadre du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), ont été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.
Les interpellations ne sont pas le fruit du hasard. Marcel Libama a été appréhendé le 19 janvier à l’aéroport de Libreville alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Port-Gentil, épicentre des négociations, pour pousser la frange radicale des enseignants à une confrontation directe avec le gouvernement. Simon Ndong Edzo, lui, a été arrêté le lendemain à son domicile pour avoir multiplié des initiatives non concertées qui ont alimenté les tensions au sein du mouvement.
Déférés devant le procureur de la République, les deux hommes ont été inculpés pour « troubles à l’ordre public ». Selon une source judiciaire, leur jugement est attendu dans un délai d’un mois.
Derrière ces mesures, c’est l’excès de radicalité et l’obsession de certains leaders à maintenir la pression à tout prix qui sont pointés du doigt. Alors que des négociations sérieuses et des avancées concrètes avaient été enregistrées, près de 70 % des revendications salariales ayant déjà été réglées, les initiatives isolées de Libama et Ndong Edzo ont fait courir le risque d’une escalade incontrôlée. Leur approche, jugée provocatrice et délibérément antagoniste, a conduit l’État à faire appliquer la loi pour préserver l’ordre public et éviter que le conflit ne dégénère davantage.
Pour le gouvernement, ces arrestations ne remettent pas en cause le dialogue social en cours, mais visent à rappeler que la défense des droits des enseignants doit se faire dans le cadre de la légalité. Plusieurs syndicats dénoncent une escalade répressive, mais les autorités soulignent que la responsabilité de cette situation repose avant tout sur des actions non concertées, pouvant compromettre l’année scolaire et l’avenir des élèves.
Cette mise sous mandat de dépôt illustre donc un enseignement clair : dans un contexte social sensible, l’excès de zèle et les initiatives individuelles, même motivées par des revendications légitimes, peuvent se retourner contre leurs auteurs et compliquer la recherche d’une solution durable. L’enjeu demeure de taille : préserver le dialogue, protéger l’école gabonaise et garantir que les revendications se traduisent par des résultats concrets sans compromettre la stabilité du système éducatif.































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