Le partenariat entre l’État gabonais et le groupe Eramet est entré dans une phase décisive. À Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence, Brice Clotaire Oligui Nguema et la dirigeante d’Eramet, Christel Bories, ont validé une nouvelle étape dans le processus de transformation locale du manganèse gabonais.
La portée de cette rencontre réside moins dans l’annonce politique que dans la confirmation d’une méthode de travail désormais structurée autour d’un calendrier opérationnel partagé. « Nous sommes convenus de tous ces projets avec le Président, le calendrier, les intentions sont claires », a déclaré la PDG d’Eramet à l’issue de l’entretien.
Cette précision revêt une importance particulière dans un dossier aussi complexe que celui de la transformation métallurgique. Produire localement des alliages de manganèse suppose en effet des capacités énergétiques importantes, des infrastructures logistiques performantes, des débouchés commerciaux stables et des investissements industriels massifs.
Le Gabon a fait le choix d’avancer avec pragmatisme. Plutôt que de construire une filière déconnectée des réalités du marché international, les autorités misent sur l’expertise d’un acteur déjà intégré à la sidérurgie mondiale. Premier producteur mondial d’alliages de manganèse, Eramet dispose d’un réseau commercial implanté sur plusieurs continents, capable d’assurer l’écoulement des futurs produits transformés au Gabon.
Cette dimension commerciale constitue un enjeu stratégique central. Les autorités gabonaises rappellent qu’une industrie de transformation ne peut être viable que si les produits fabriqués trouvent des débouchés rentables sur les marchés internationaux.
Le partenariat repose aussi sur une expérience industrielle déjà existante au Gabon. À travers le Complexe Métallurgique de Moanda inauguré en 2015, Eramet demeure à ce jour le seul opérateur minier ayant investi dans une unité de transformation locale du manganèse en Afrique subsaharienne.
Cette antériorité donne au projet actuel une base concrète. Les difficultés techniques, énergétiques et logistiques liées à la transformation du minerai sont déjà connues des équipes gabonaises et des ingénieurs du groupe. L’expérience acquise au fil des années sert désormais de socle à la nouvelle phase industrielle voulue par le Chef de l’État.
L’objectif affiché est clair : construire progressivement une filière compétitive, durable et capable de générer davantage de valeur ajoutée nationale, tout en assurant l’émergence de nouvelles compétences industrielles gabonaises.































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