Dans un contexte où le Gabon cherche à se repositionner sur le plan économique et social, la question de l’éducation nationale reste cruciale. Chancel Kongo, lobbyiste gabonais de renommée internationale et conseiller spécial du président mondial de l’OMEX, a publié récemment un message d’alerte qui mérite une attention particulière. Selon lui, le véritable défi du Gabon ne réside pas uniquement dans la pauvreté ou le manque de ressources, mais dans la médiocrité que la nation tolère, en particulier dans son système éducatif.
Depuis des années, le débat autour de l’éducation nationale se réduit trop souvent à des questions financières : primes, grèves à répétition, revendications salariales. Ce dialogue sur l’argent a détourné l’attention de ce qui est fondamental : la qualité réelle de l’enseignement et le niveau des élèves. Produire des diplômes sans compétences réelles, délivrer des baccalauréats sans maîtrise et laisser des enfants sortir de l’école en peinant à lire, écrire ou penser de manière structurée, constitue un danger pour l’avenir du pays. Cette situation n’est pas une simple critique, mais une alerte sur la dépendance intellectuelle et économique que le Gabon pourrait subir si rien n’est fait.
Pour Chancel Kongo, l’école doit être un sanctuaire républicain et non un champ de bataille syndical permanent. La dignité de l’enseignant est indispensable, mais elle ne peut se résumer à une prime ou à des avantages financiers. Elle se construit par la compétence, la formation continue, l’éthique professionnelle et l’exigence quotidienne. Respecter le rôle des enseignants implique également de les évaluer et de leur demander de répondre aux besoins réels des élèves. La responsabilité des enseignants et de l’État est donc double : offrir un cadre motivant et formateur, tout en exigeant des résultats concrets et mesurables.
L’appel de Kongo va plus loin : il propose l’organisation d’États généraux de l’éducation nationale, un moment de vérité collective pour poser les bonnes questions et définir des objectifs clairs pour le système éducatif. Quels standards exigeons-nous pour nos élèves ? Quels profils d’enseignants voulons-nous former ? Quelle école construisons-nous pour garantir un Gabon fort, souverain et respecté ? Ces débats doivent dépasser les revendications ponctuelles et s’inscrire dans une stratégie nationale à long terme.
Il insiste également sur le lien direct entre éducation et développement : aucun pays ne s’est développé durablement avec une école faible. La qualité de l’éducation conditionne la capacité d’un pays à innover, à produire, à gouverner et à s’inscrire dans la compétition internationale. L’école n’est pas une simple préparation à l’examen ; elle est la formation d’une génération capable de penser, d’entreprendre et de porter la nation vers l’avenir.
Enfin, Chancel Kongo rappelle que le redressement du Gabon passera par la rigueur intellectuelle ou ne passera pas. Il appelle à un sursaut collectif, à une mobilisation de tous les acteurs, enseignants, parents, responsables politiques et société civile, pour mettre fin aux compromis faciles et instaurer une culture de l’excellence. Selon lui, la refonte de l’éducation est une urgence nationale et constitue le levier central pour bâtir un Gabon moderne, souverain et respecté sur la scène internationale.
En résumé, le message de Kongo est un véritable cri d’alerte : repenser l’éducation, c’est penser une génération, c’est penser une nation. La réussite économique, sociale et politique du Gabon dépend de cette priorité et de la capacité du pays à mettre en place un système scolaire rigoureux, ambitieux et réellement performant.































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