Le Gabon accélère sa course contre les délestages. Trois centrales thermiques à gaz, représentant au total 255 MW de capacité, doivent renforcer prochainement l’offre électrique à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné. Une nouvelle étape dans la stratégie énergétique du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui veut faire de la résorption du déficit électrique l’un des marqueurs de son mandat.
Le convoi est parti. Et avec lui, une partie de la réponse au problème énergétique gabonais.
Depuis Owendo, la première turbine de 25 MW, sur les cinq destinées à la centrale d’Akournam, a entamé son acheminement ce 7 septembre. À terme, ce sont 125 MW supplémentaires qui doivent ainsi renforcer la capacité de production électrique de Libreville.
Le même mouvement se poursuit à Port-Gentil. Deux turbines de 25 MW fournies dans le cadre du projet AKSA, auxquelles s’ajoute une turbine de 40 MW du projet SESS, doivent porter à 90 MW les nouvelles capacités attendues dans la capitale économique.
La troisième infrastructure concerne Lambaréné. La turbine de 40 MW destinée à la ville sera acheminée par voie fluviale depuis Port-Gentil.
Au total, 255 MW de capacités thermiques supplémentaires sont ainsi mobilisés pour renforcer le système électrique national.
Du diagnostic à l’action
L’enjeu est considérable pour le Gabon. Pendant des années, les insuffisances de production, les contraintes sur les réseaux et la vétusté d’une partie des équipements ont contribué à fragiliser l’approvisionnement en électricité, particulièrement dans les grands centres urbains.
Face à cette situation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi de traiter le problème sur plusieurs fronts : augmenter rapidement la production disponible, moderniser les infrastructures et diversifier les sources d’énergie.
Le déplacement des premières turbines constitue précisément l’une des traductions concrètes de cette stratégie.
Le choix du thermique au gaz répond ici à une logique d’urgence : produire davantage, rapidement, en attendant la montée en puissance d’autres infrastructures énergétiques.
Pour le Chef de l’État, l’objectif n’est donc plus de multiplier les diagnostics sur les causes du déficit. Il s’agit désormais d’augmenter la capacité disponible et de faire parvenir cette énergie jusqu’aux ménages, aux entreprises et aux administrations.
255 MW qui changent l’équation
À Libreville, l’arrivée progressive des cinq turbines de 25 MW doit porter le renforcement attendu à 125 MW.
À Port-Gentil, les 90 MW supplémentaires doivent également contribuer à sécuriser l’alimentation électrique de la ville et de son tissu industriel.
Quant aux 40 MW destinés à Lambaréné, leur acheminement par voie fluviale illustre les contraintes logistiques propres au territoire gabonais, mais aussi la volonté de ne pas limiter les investissements énergétiques à la seule capitale.
Cette répartition géographique est importante. Elle traduit une approche qui consiste à renforcer simultanément plusieurs pôles urbains et économiques plutôt qu’à concentrer tous les nouveaux moyens de production dans le Grand Libreville.
Le pari de l’électricité pour soutenir l’économie
Derrière ces chiffres se joue une question qui dépasse largement le confort des ménages.
L’électricité est une infrastructure économique. Sans alimentation fiable, difficile pour une industrie de fonctionner normalement, pour un commerce de développer son activité, pour un hôpital de garantir certains services ou pour une administration de poursuivre sa transformation numérique.
C’est pourquoi la bataille énergétique est devenue l’un des dossiers structurants de l’action présidentielle.
En accélérant les investissements dans la production, le pouvoir cherche à créer les conditions d’une économie plus compétitive et moins vulnérable aux interruptions d’approvisionnement.
Le raisonnement est simple : avant de demander davantage aux entreprises et aux investisseurs, encore faut-il leur garantir les infrastructures essentielles à leur activité.
Au-delà du béton, une politique de transformation
L’énergie vient également compléter une série de chantiers engagés depuis l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir.
Routes, établissements de santé, infrastructures scolaires et universitaires, logements, équipements publics : le gouvernement cherche à donner une traduction physique à ses priorités.
À cela s’ajoutent des opérations à forte portée économique et stratégique, comme la reprise d’Assala Energy par l’État gabonais, destinée à renforcer le contrôle national sur une partie des actifs pétroliers, ou encore les perspectives ouvertes par les nouvelles découvertes d’hydrocarbures.
Le président gabonais veut ainsi présenter une même logique derrière ces dossiers : reprendre la maîtrise des ressources, investir dans les infrastructures et transformer les revenus et les actifs du pays en capacités de développement.
Le véritable test sera celui des résultats
Pour autant, l’arrivée des turbines ne constitue pas à elle seule la fin du problème énergétique gabonais. Leur installation, leur mise en service, la disponibilité effective des équipements et la qualité des réseaux de distribution seront déterminantes.
C’est sur ce terrain que se mesurera véritablement la réussite de la stratégie engagée.
Car pour les Gabonais, la question n’est pas seulement de savoir combien de mégawatts sont commandés ou transportés. Elle est beaucoup plus concrète : y aura-t-il enfin de l’électricité, de manière régulière, dans les foyers, les entreprises, les écoles et les hôpitaux ?
C’est précisément ce passage de l’investissement au résultat qui constitue désormais le principal défi du Chef de l’État.
Avec ces 255 MW supplémentaires annoncés à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné, le Gabon dispose néanmoins d’un levier supplémentaire pour réduire son déficit énergétique.
Après avoir longtemps été présenté comme l’un des principaux handicaps au développement du pays, le secteur électrique pourrait ainsi devenir l’un des symboles de la transformation voulue par Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le chantier est encore immense. Mais, cette fois, les turbines sont en mouvement.
























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