La justice suisse s’intéresse de près à Sylvia Bongo Ondimba, ancienne Première dame du Gabon, dans le cadre d’une procédure pénale portant sur des soupçons de blanchiment d’argent. Le Ministère public du canton de Genève a confirmé l’existence de cette enquête, ouverte quelques mois après la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba.
Installée à Londres depuis le changement de pouvoir intervenu au Gabon en août 2023, l’ancienne Première dame est concernée par des investigations relatives à plusieurs mouvements financiers effectués vers une banque établie en Suisse.
Des transferts financiers au centre des investigations
Selon les éléments examinés par les autorités judiciaires genevoises, plusieurs millions d’euros auraient été transférés vers un établissement bancaire suisse. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer l’origine exacte de ces sommes.
Une hypothèse privilégiée par l’instruction est celle de fonds qui pourraient provenir d’opérations frauduleuses réalisées au détriment des finances publiques gabonaises, ainsi que d’éventuels faits de corruption commis durant la période où Ali Bongo Ondimba exerçait la fonction de président de la République.
L’ancien chef de l’État, arrivé au pouvoir en 2009, a été renversé le 30 août 2023, après quatorze années à la tête du pays.
Libreville obtient finalement un accès au dossier
Dans le cadre de ses investigations, la justice genevoise avait sollicité la coopération des autorités gabonaises afin d’obtenir des informations permettant de retracer l’origine des capitaux concernés.
Plutôt que de répondre directement à cette demande d’entraide judiciaire, l’État gabonais a décidé d’engager sa propre démarche devant les juridictions suisses. Libreville a déposé une plainte et demandé à être reconnue comme partie plaignante dans la procédure.
Cette démarche présente un enjeu majeur pour l’État gabonais : obtenir la possibilité d’accéder aux éléments du dossier, de suivre l’évolution de l’instruction et de faire valoir ses intérêts dans une affaire susceptible de concerner des ressources publiques.
La défense de Sylvia Bongo contestait la démarche gabonaise
Les conseils de Sylvia Bongo Ondimba se sont opposés à cette demande, contestant la possibilité pour l’État gabonais d’intervenir directement dans la procédure en qualité de partie plaignante.
Le différend a finalement été porté devant la chambre pénale de recours de Genève. Dans une décision rendue à la fin du mois de mai 2026, celle-ci a donné raison aux autorités gabonaises en reconnaissant leur qualité pour participer à la procédure.
Cette décision permet donc à Libreville d’être représentée dans le dossier judiciaire suisse et d’avoir accès aux éléments de l’instruction, alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations sur la provenance des fonds concernés.
L’affaire demeure ainsi suivie avec attention, tant au Gabon qu’en Suisse, sur fond de recherches judiciaires visant à déterminer l’origine de capitaux susceptibles d’être liés à des infractions financières commises sous l’ancien régime.































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