Le cap est fixé. À partir de janvier 2027, le Gabon entend interdire l’importation de poulets de chair. Une décision stratégique qui marque un tournant dans la politique agricole nationale et traduit une volonté claire : substituer progressivement les importations par une production locale structurée et compétitive.
Portée par le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, cette orientation s’appuie sur un double levier : le renforcement des capacités nationales existantes et l’arrivée d’investisseurs capables d’augmenter rapidement les volumes de production.
Sur les antennes de Gabon 24, le ministre a assuré que le gouvernement est prêt pour l’échéance. Deux sociétés se seraient déjà engagées à accompagner la transition. L’objectif n’est pas d’atteindre immédiatement des volumes records, mais de garantir des quantités suffisantes pour couvrir progressivement la demande nationale sans provoquer de rupture d’approvisionnement.
Une base locale déjà existante
Contrairement aux idées reçues, le secteur avicole gabonais ne part pas de zéro. Selon les données du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le pays compte déjà plus de 373 fermes structurées, réparties entre Libreville et l’intérieur du territoire. Ce tissu productif constitue une base solide, même s’il devra être renforcé en matière d’alimentation animale, de logistique, de chaîne du froid et d’accès au financement.
Le défi est clair : transformer un secteur encore fragmenté en véritable filière intégrée, capable d’assurer la régularité des volumes, la qualité sanitaire et des prix compétitifs.
Une transition à haut risque… si elle est mal pilotée
Interdire les importations est une décision forte. Mais elle ne pardonnera aucune improvisation. Si la production locale ne suit pas, le risque est immédiat : flambée des prix, pénuries et mécontentement social. La réussite dépendra donc de la capacité de l’État à coordonner producteurs, investisseurs et distributeurs, tout en garantissant un environnement stable et incitatif.
La stratégie annoncée semble vouloir éviter un choc brutal sur le marché. Le calendrier progressif jusqu’en 2027 laisse une fenêtre d’adaptation. Encore faut-il que les engagements pris se traduisent rapidement en investissements réels, en capacités installées et en production effective.
Une logique de souveraineté économique
Au-delà du poulet de chair, cette décision s’inscrit dans une vision plus large : celle de la souveraineté alimentaire et de la transformation locale. Réduire la dépendance aux importations, sécuriser l’approvisionnement des ménages, créer de l’emploi rural et structurer une agro-industrie nationale.
Si la filière avicole réussit sa mutation, elle pourrait devenir un modèle pour d’autres segments agricoles. Mais le succès reposera sur la discipline, la planification et la transparence des résultats.
Le compte à rebours est lancé. Janvier 2027 n’est pas si loin. L’enjeu est simple : faire de cette interdiction non pas une contrainte, mais une opportunité historique pour l’agriculture gabonaise.






























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